Prep : un million d’usagers-ères

9 Février 2021
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À la fin de l’année 2020, 928 750 personnes avaient commencé un traitement Prep dans le monde, principalement aux États-Unis, en Afrique du Sud et au Kenya. Ce chiffre a été annoncé, fin janvier, lors de conférence virtuelle HIV Research for Prevention par Kate Segal, chargée de programme chez Avac, l’agence de recherche américaine spécialisée dans le VIH. Sa présentation est disponible sur le site Aidsmap. Lors de sa présentation, Kate Segal a révélé que la Prep était aujourd’hui accessible dans 78 pays. Le chiffre de 928 750 personnes utilisatrices est très loin de la cible fixée par l’Onusida de trois millions de personnes sous Prep en 2020. Cible qui, d’après des projections, aurait permis de réduire à 500 000, le nombre de personnes nouvellement infectées par le VIH dans le monde. Il était prévu que les populations les plus exposées au VIH comme les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH), les travailleurs-ses du sexe (TDS) ou les personnes qui s’injectent des drogues aient un accès prioritaire à la Prep et que 90 % des personnes appartenant à ces groupes ou populations soient sous Prep, mais cet objectif n’a pas été atteint. D’après des estimations, à la fin de l’année 2020, à peine la moitié des TDS et un tiers des HSH et usagers-ères de drogue par injection avaient initié un traitement Prep. Ces données sont issues de Global PrEP Tracker, un outil de traçage, conçu par l’agence AVAC, qui analyse le déploiement de la Prep dans le monde depuis 2014. Chiffre intéressant, en 2020, malgré la pandémie mondiale, 300 000 personnes ont commencé la Prep dans le monde, le plus gros chiffre d’initiations depuis que la Prep est approuvée. Mais en analysant ces données de plus près, on découvre que dans des pays comme le Kenya qui comptabilise 82 886 initiations Prep en 2020, seul un tiers des personnes qui avaient commencé un traitement Prep est retourné le mois d’après pour faire son suivi et renouveler son traitement Prep. Kate Segal pointe un manque de volonté politique, de financements et de stratégie globale : « La prévention biomédicale n’existe pas dans une bulle et il y a de nombreuses barrières sociales et structurelles qui empêchent le déploiement de la Prep ».

Références : Segal K et al. The evolution of oral PrEP access: tracking trends in global oral PrEP use over time. HIV Research for Prevention (HIVR4P) virtual conference, abstract OA11.01, 2021.
Musau A et al. Surveillance data from public and private primary care facilities uncover implementation successes and gaps during pre-exposure prophylaxis (PrEP) scale-up: results from the Jilinde project in Kenya. HIV Research for Prevention (HIVR4P) virtual conference, abstract OA11.03, 2021.