PrEP : Warning propose un entretien avec Jim Pickett

29 Octobre 2014
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Le site de l’association Warning traite très régulièrement de la PrEP. Il propose notamment des entretiens, des traductions d’articles qui alimentent et ouvrent le débat sur cette question majeure de prévention. Récemment, le site a publié un entretien inédit avec Jim Pickett, directeur du plaidoyer pour la prévention et la santé gaie à la Fondation sida de Chicago. Comme l’expliquent Olivier Jablonski et Sylvie Rouby qui ont réalisé cet entretien publié en français, Jim Pickett est gay et vit avec le VIH depuis 1995. Directeur Advocacy pour la prévention et la santé gaie à la Fondation sida de Chicago (AFC), il est impliqué dans plusieurs projets relatifs aux nouvelles technologies de prévention, notamment via l’usage d’antirétroviraux, la PrEP et les microbicides. Dans cette interview, il explique, à propos de la situation américaine : "Aux Etats-Unis, il y a encore des défis pour l’accès à la PrEP auxquels nous sommes confrontés. Il y a effectivement des difficultés. Tout d’abord, nous avons des fournisseurs de soins qui ne connaissent pas la PrEP, qui sont mal informés sur elle ou qui réagissent à cette intervention avec une approche moralisatrice, porteuse de jugements. Dans de nombreux cas, quand des personnes séronégatives vont voir leurs professionnels de santé et les questionnent sur la PrEP, ceux-ci n’ont aucune expérience du VIH, de la prescription des médicaments anti-VIH, du dépistage du virus et des autres IST, ou même encore pour parler de sexualité". "Nous sommes confrontés à un deuxième défi, celui de l’accès aux soins (…)  Dans mon pays, nous n’avons pas accès aux versions génériques du Truvada ce médicament utilisé en PrEP – son coût moyen est approximativement de 15 000 dollars (environ 11 000 euros). Ce coût est sans aucun doute un obstacle. Au final, nous avons toujours des communautés fortement touchées par le VIH, qui ne connaissent pas la PrEP, ou qui n’ont pas accès à une information exacte et objective. Pour en rajouter une couche, il y a aussi la réaction de certains qui positionnent le Truvada comme un choix honteux, un choix fait par des gens "imprudents et insouciants" qui "devraient tout simplement utiliser des préservatifs". Le débat résonne souvent comme les batailles que nous avons menées durant 50 ans autour de la contraception orale – dans lesquelles les femmes étaient montrées du doigt, ces "salopes" qui avaient choisi cette méthode de contraception", analyse-t-il. Lire l’entretien intégral (passionnant).