Primo-infection et anti-intégrases

5 Août 2020
305 lectures
Notez l'article : 
0
 

En cas de primo-infection, le traitement anti-VIH recommandé repose actuellement sur une alternative de trithérapies composées de deux inhibiteurs nucléosidiques de la reverse transcriptase (Emtriva, Epivir, Viread, Ziagen) associés soit à une anti-intégrase (Isentress, Tivicay), soit à une anti-protéase (Prezista, Reyataz), rappelle un article du site Info-VIH. Une étude a comparé, en suivant des personnes des cohortes ANRS Primo et Dat’Aids (1), les réponses virologiques et immunologiques chez 712 personnes traitées en phase de primo-infection entre 2013 et 2017, selon le troisième agent utilisé pour leur trithérapie. Un groupe de 299 personnes a reçu comme troisième molécule une anti-intégrase (dont 54,8 % sous dolutégravir/Tivicay) et 413 personnes ont reçu une anti-protéase (dont 94,7 %  sous darunavir/Prezista). La durée du suivi immuno-virologique n’a pas été la même selon le groupe : 23,9 mois pour les personnes prenant l’anti-protéase et 11,6 mois pour celles avec l’anti-intégrase. La proportion cumulée de personnes en succès virologique (CV < 50 copies/ml) était significativement plus élevée dans le groupe traité par anti-intégrase. Après un mois de traitement, 32 % de personnes sous anti-intégrase étaient en succès virologique versus 6 % de personnes sous anti-protéases. « Le bénéfice persistait à trois mois [72 % versus 31 %] et six mois [92 % versus 78 %)], et s’estompait à un an, avec des succès virologiques très élevées dans les deux groupes [96 % versus 94 %, respectivement] », détaille info-VIH. À partir du même niveau de CD4 (501 CD4/mm3), il y avait une augmentation moyenne plus élevée à un mois, de 40 CD4 pour le groupe prenant l’anti-intégrase par rapport au groupe prenant l’anti-protéase  (729 CD4/mm3 versus 689 CD4/mm3). À un an, il n’y avait plus de différence dans le nombre moyen de CD4 (809 CD4/mm3 vs 794 CD4/mm3. Les mêmes résultats étaient obtenus sur le ratio CD4/CD8 avec une différence de plus de 0,08 à un mois sur l’augmentation moyenne du ratio (1,03 versus 0,95 et plus aucune différence à un an : 1,24 versus 1,22. « Ces résultats confirment la réponse virologique et la restauration immunitaire plus rapide sous anti-intégrase avec très probablement une réduction plus importante de la taille du réservoir du VIH lors du traitement pendant la primo-infection ; ce qui est un argument pour recommander en première intention l’utilisation de la classe des inhibiteurs d’intégrase », commente le site info-VIH. L’étude n’apporte pas de données quant à une « éventuelle différence de fréquence et/ou de gravité d’évènements cliniques survenus pendant la période d’observation ».

(1) : Cohorte ANRS-Primo : Initiée en 1996, elle a inclus à ce jour, 2 232 patients vivant avec le VIH-1 depuis moins de trois mois. Son objectif principal est d’améliorer les connaissances physiopathologiques sur la primo-infection VIH. Dat’Aids : étude transversale sur les personnes vivant avec le VIH suivies dans des CHU.