Prisons et VHC : les propositions du CNS

26 Juillet 2020
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Le Conseil national du sida et des hépatites virales (CNS) a rendu le 10 juillet un nouveau rapport « sur la prévention, le dépistage et le traitement de l’hépatite C chez les personnes détenues ». Ce travail fait suite à un « Avis suivi de recommandations » publié en septembre 2019 et transmis au gouvernement à cette date. Ces travaux répondent à une saisine conjointe du directeur de l’Administration pénitentiaire, de la directrice générale de l’Offre de soins et du directeur général de la Santé, rappelle le CNS dans un communiqué. Les personnes détenues représentent une population fortement exposée au risque d’acquisition du VHC. « Or les objectifs et les moyens de la lutte contre le VHC ont été radicalement transformés par l’arrivée, depuis 2014, des traitements antiviraux d’action directe (AAD). Ces traitements, très efficaces et bien tolérés, permettent une guérison en seulement huit ou douze semaines », indique le CNS. Au travers d’une stratégie de dépistage précoce et de traitement immédiat, le gouvernement a fixé l’objectif de parvenir à l’élimination de l’épidémie de VHC en France à l’horizon 2025. « Une mise en œuvre efficace de cette stratégie en milieu pénitentiaire est essentielle », défend le CNS. En termes choisis, le CNS constate dans ses travaux que « la réponse sanitaire et préventive actuellement déployée en milieu pénitentiaire ne s’est pas entièrement adaptée au nouveau paradigme de la lutte contre le VHC et présente d’importantes faiblesses ». Résultat de ces lacunes ? « Parmi les personnes estimées porteuses d’une infection chronique par le VHC à leur entrée en détention, actuellement moins d’une sur deux initie un traitement par AAD au cours de son incarcération ». Un autre problème réside dans l’insuffisance du dépistage du VHC. Pas de dépistage, pas d’accès au traitement. « Le renforcement des dépistages conjoints du VHC, du VHB et du VIH représente ainsi le principal défi à relever et plusieurs leviers pour y parvenir sont proposés », avance le Conseil national du sida et des hépatites virales. Le CNS plaide aussi « au regard de l’enjeu d’éviter les nouvelles contaminations et les recontaminations », pour un « renforcement de la prévention et en particulier de l’accès aux principaux outils de réduction des risques, dont l’efficacité n’est plus à prouver ». « Les limitations d’accès à ces outils qui perdurent en milieu pénitentiaire sont anachroniques et contradictoires avec l’objectif d’élimination de l’épidémie de VHC », note même sévèrement le CNS. Le rapport que vient de publier le CNS « dresse un état des lieux détaillé et présente des données inédites à l’appui de ces constats ». Ces travaux seront au cœur d’un colloque que le CNS organise le 2 novembre 2020 au ministère de la Santé et des Solidarités.