Prostitution : appel à mobilisation

13 Avril 2021
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Le 13 avril 2016, était votée la loi dite de « pénalisation des clients ». Cela fait désormais cinq ans que cette loi est entrée en vigueur et cinq ans que les associations de travailleurs-ses du sexe (TDS) demandent son retrait. Suite à l'appel de plusieurs associations (1), une mobilisation coordonnée par le Strass (Syndicat du travail sexuel) aura lieu le mardi 13 avril à partir de 14 heures (jusqu'à 16 heures) place des Invalides entre les rues de Constantine et de l'université, à côté de l'Assemblée nationale. Sur la page Facebook du rassemblement, le Strass affirme que « depuis la loi, les subventions, agréments et « aides » sont de plus en plus conditionnés à la « sortie de la prostitution » au point que, même en réponse à la crise sanitaire actuelle, les associations de travailleuses du sexe se voient discriminées et/ou exclues des dispositifs d’aides ». Le syndicat s’inquiète également des conséquences de la crise sanitaire sur les travailleurs-ses du sexe déjà bien fragilisés-es par la loi de 2016 : « La crise sanitaire a révélé les dysfonctionnements majeurs d’un système se prétendant protecteur, mais qui nous a acculés-es à la survie, nous forçant à auto-organiser la solidarité et à en appeler à la générosité du public faute de réponse adaptée. Nous n’avons jamais connu autant de meurtres, de suicides et de malades mortes de comorbidités mal soignées à cause d’un système de santé surchargé et d’une absence de protections sociales et de droits ». Le Strass exige la décriminalisation complète du travail sexuel (fin des arrêtés municipaux, pénalisation clients, parties tierces et entraide entre TDS) ; le droit au séjour pour tous-tes les TDS migrants-es sans condition ; des aides sociales dignes et équivalentes aux minimas sociaux en vigueur y compris pour l’aide au logement et la formation et sans condition (linguistique, statut, arrêt du travail sexuel, etc.) ; une lutte contre la traite, les violences, et l’exploitation, efficace, protégeant réellement les victimes, et non détournée vers une lutte contre l’exercice du travail sexuel et l’accès au droit commun dont le droit du travail (indemnisations, protections sociales, formation, congés, retraite, assurance chômage, prud’hommes, etc.).

(1) : Premiers signataires : Acceptess-T, Bad Boys, Cabiria, Collectif féministe de Paris 1, Collectif des femmes du quartier Strasbourg St-Denis, Grisélidis, Médecins Du Monde, Paris Queer Antifa, PDA, Strass, AIDES.