PVVIH, diabète et facteur de risque

8 Octobre 2020
921 lectures
Notez l'article : 
0
 

La NAFLD (non alcoholic fatty liver disease, dont la Nash est une forme aggravée) ou stéatose hépatique non alcoolique (aussi appelée cirrhose non alcoolique ou familièrement maladie du « foie gras » ou « du soda ») est une pathologie causée par une accumulation excessive de graisses dans le foie sous forme de triglycérides. Cette phase dite de stéatose (ou stéatohépatite) se caractérise par une augmentation du volume du foie, détectable à la palpation et confirmée à l'échographie. À ce stade, rien n'est irréversible, mais si rien n'est fait les cellules du foie peuvent laisser place à un tissu fibreux (dégénérescence des cellules appelée fibrose, puis cirrhose à son stade ultime). Elle peut évoluer vers une forme inflammatoire et plus grave, la Nash (non alcoholic steatohepatitis). Dans une étude publiée sur le site d’infos aidsmap, on apprend que presque la moitié des personnes vivant avec le VIH qui ont une augmentation anormale des enzymes du foie avaient une stéatohépatite non-alcoolique (Nash) et un tiers avaient une fibrose de type F3 ou F4 et des dommages avancés du foie dus à un diabète de type 2. Bien que la prévalence de la Nash soit élevée chez les personnes vivant avec le VIH, il est difficile de définir clairement la proportion de personnes qui avaient déjà la Nash ou une fibrose avancée. La seule façon de bien diagnostiquer ces maladies est d’effectuer une biopsie des tissus du foie. C’est ce qu’ont fait les chercheurs-ses de cette étude menée dans des services des maladies infectieuses de quatre pays (Royaume-Uni, Italie, Canada et États-Unis) en analysant les tissus issus des biopsies de 116 personnes vivant avec le VIH, qui avaient connu une augmentation anormale des enzymes du foie ou d’autres anomalies liés à des problèmes de foie entre 2001 et 2019.  Cette analyse ne comprenait pas les personnes qui ont eu une hépatite B et C, ni un cancer actif, une maladie chronique du foie ou une consommation jugée excessive d’alcool. Les participants-es de cette étude avaient un âge moyen de 48 ans, 98 % étaient des hommes, 72 % étaient blancs-hes et sous traitement ARV pour une période moyenne de neuf ans. Le taux de CD4 moyen était de 638 CD4/mm3. L’IMC (indice de masse corporelle) était de 29 kg/m2 (juste en dessous du seuil d’obésité modérée entre 30 et 35 kg/m2). Près de 53 % des personnes avaient de la pression artérielle et 25 % avaient du diabète. Les biopsies ont montré que 63 des 116 personnes avaient la NAFLD (54 %) et 57 personnes (49 %) avaient la Nash. Par ailleurs, 36 personnes (31 %) avaient une fibrose de stade 3 et 3 personnes (2 %) de stade 4 (cirrhose).  Le seul facteur de fibrose avancée chez les personnes qui n’avaient pas la NAFLD était la durée de vie avec le VIH (une moyenne de 21 ans) alors que l’âge était similaire dans les deux groupes. Suite à cette étude, les chercheurs-ses recommandent l’usage de la biopsie du foie comme un outil de contrôle et de suivi chez les personnes vivant avec le VIH en situation d’obésité, surtout celles qui vivent avec un diabète de type 2. La fibrose avancée (de type 3 ou plus) est le seul facteur associé au diabète de type 2. Se servir des résultats de biopsie permettrait de mieux diagnostiquer les personnes qui ont une fibrose avancée.

Références : Maurice J et al. Increased BMI and type 2 diabetes are the main predictors of NAFLD and advanced fibrosis in liver biopsies of patients with HIV mono-infection. Clinical Infectious Diseases, advance online publication, 2 September 2020.