Quatuor confirme l’efficacité de l'allègement

11 Août 2019
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C’est l’une des très bonnes nouvelles de cette conférence IAS de Mexico, qui a eu lieu du 24 au 27 juillet dernier. Et celle-ci est française ! Le Dr Pierre de Truchis, l’un des pionniers de l’allégement thérapeutique en France, a dévoilé les résultats de son essai en cours, ANRS 170 Quatuor, qui évalue le maintien de l’efficacité virologique du traitement ARV en quatre prises par semaine au lieu de sept. À 48 semaines, les données démontrent la non infériorité (et donc le maintien de la suppression virale) de cette stratégie de réduction du nombre de prises d'antirétroviraux à quatre jours par semaine chez les personnes vivant avec le VIH. Celles-ci étaient, en amont, déjà en charge virale indétectable et sans historique d'échec thérapeutique ou de résistance au moment de l'inclusion dans l’essai. « Chez des patients ayant une infection VIH bien contrôlée avec une charge virale indétectable depuis 5,8 ans en moyenne, le traitement 4 jours/7, quel que soit le type de trithérapie utilisée, était statistiquement non inférieur au traitement quotidien », explique l’ANRS dans son communiqué. Ainsi, 95,6 % des personnes suivies dans le groupe prenant le traitement 4 jours/7 et 97,2 % dans le groupe prenant le traitement 7 jours/7 ont maintenu une charge virale indétectable. Six personnes dans le groupe avec le traitement 4 jours/7 et quatre dans le groupe avec le traitement 7 jours/7 ont présenté un échec virologique. La non-transmission du VIH étant associée à une charge virale indétectable dans le sang, la baisse du nombre de prises n'a donc pas d'impact sur le risque de transmission. « Ces résultats permettent d’envisager un allègement du traitement à 4 jours/7 chez les patients sous ARV et contrôlant le VIH depuis plusieurs années », ajoute les chercheurs-ses. Cet essai vient confirmer les résultats de ANRS-4D, qui avait évalué le maintien de l'efficacité virologique sur un nombre très limité de personnes aux traitements anti-VIH très spécifiques. Ici, huit fois plus de personnes ont été incluses et il faut noter que l’essai ANRS 170 Quatuor portait aussi sur une classe de médicaments non évaluée jusqu'ici mais très utilisée : les anti-intégrases. Il était indispensable d'avoir des données solides sur les anti-intégrases, pour promouvoir l'intérêt de la stratégie de la réduction du nombre de prise. En plus d'améliorer le quotidien des personnes vivant avec le VIH, cette stratégie permettrait une réduction de 43 % du coût du traitement.