Qui a manqué son dépistage ?!

28 Mars 2012
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Une étude française a décrit le contexte des opportunités manquées de dépistage chez des personnes nouvellement diagnostiquées en explorant les antécédents médicaux et les dossiers des personnes suivies. En ce qui concerne les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes (53% des personnes dans l'étude), 28% d'entre eux ont fait un test il y a plus de trois ans et 32% n'en ont jamais fait. Presque tous (99%) ont eu au moins un recours à une structure de soins pendant la période étudiée (3 ans).

La moitié de ces hommes n'a jamais mentionné être HSH (homme qui a des relations sexuelles avec d'autres hommes). Parmi ceux qui ont évoqué leurs pratiques sexuelles, encore une moitié n'a pas eu de proposition de test de dépistage. Seul un homme HSH sur quatre a reçu une proposition de test. 62% des personnes qui présentaient des symptômes ont consulté pour ces mêmes symptômes et 82% n'ont pas eu de proposition de test, alors que 78% d'entre eux étaient probablement infectés à ce moment-là. Autre résultat, seulement un homme sur deux qui a consulté pour une infection sexuellement transmissible s'est vu proposé le test VIH.
Le constat principal de l'étude est donc l'échec des soignants à identifier les personnes à risque VIH. On peut bien sûr se dire que le risque n'est pas mentionné par la personne qui consulte, mais notons aussi qu'il n'est pas demandé par le soignant. Il y a donc un pourcentage élevé d'opportunités manquées de dépistage en France au travers du système de soins. Meilleure identification des risques rencontrés par les personnes, mise en place d'un vrai dépistage de routine, le chantier du dépistage n'est pas terminé.