Quid des adultes avec symptômes prolongés ?

24 Février 2021
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Plusieurs semaines après la maladie, un nombre important de personnes infectées par le Sars-CoV-2 (qui cause la Covid-19) présentent encore des symptômes. La Haute autorité de santé (HAS) a récemment publié dans la série de ses « réponses rapides » un avis pour aider les professionnels-les de santé à « identifier et prendre en charge ces patients ». Dans un communiqué, la HAS rappelle que « plus de de la moitié des patients présentent encore au moins un des symptômes initiaux de la Covid-19 quatre semaines après le début de la maladie, et plus de 10 % à six mois. « Ce temps de récupération, plus ou moins long, fluctue en fonction des patients, sans que l'on comprenne complètement pourquoi », indique la HAS. À la demande du ministère de la Santé, et afin d'aider les professionnels-les de santé qui interviennent en premier recours, la Haute Autorité de Santé a mis en place un groupe de travail constitué d'une quinzaine de professionnels-les de santé et diverses associations de malades pour définir la prise en charge optimale qui doit être proposée aux personnes atteintes de « Covid long », souvent inquiètes. « Il apparaît que l'état de santé s'améliore de façon progressive, en général en quelques mois, grâce à une prise en charge globale personnalisée pouvant inclure des traitements symptomatiques, du repos et une réadaptation respiratoire et/ou un réentraînement progressif à l'effort. En complément de ces réponses rapides, la HAS publie également dix fiches techniques précisant les explorations cliniques et paracliniques nécessaires et les éléments de traitement de premier recours pour les principaux symptômes ou atteintes d'organe identifiés. Dans son communiqué, la HAS indique que trois critères permettent de repérer les personnes souffrant de symptômes prolongés de la Covid-19 : ils ont présenté une forme symptomatique de Covid-19, ils présentent un ou plusieurs symptômes initiaux, quatre semaines après le début de la maladie et aucun de ces symptômes ne peut être expliqué par un autre diagnostic. La consultation médicale doit donc à la fois comprendre une évaluation de l'état de santé actuel de la personne pour, notamment, identifier les facteurs déclenchant la survenue des symptômes et évaluer leur impact sur la qualité de vie, et une évaluation de l'épisode initial. Les professionnels-les de santé doivent s'assurer que ces symptômes ne sont pas en rapport avec des complications de l'infection passées inaperçues ou des décompensations des morbidités sous-jacentes, souligne le document de la HAS. Les symptômes prolongés sont multiples. Les plus fréquents sont : une fatigue majeure, un essoufflement, des douleurs notamment thoraciques à type d'oppressions, de palpitations, des troubles de la concentration et de la mémoire, des troubles de l'odorat et du goût, des symptômes cutanés… La Haute autorité de santé attire « l'attention sur le fait que la Covid-19 est une maladie encore mal connue, dont les manifestations, très variables, peuvent fluctuer dans le temps et d'une personne à l'autre : ceci génère beaucoup d'inquiétude et d'interrogations, tant du côté des patients que des cliniciens. Elle invite par conséquent les médecins à faire preuve d'écoute et d'empathie envers leurs patients souffrant de symptômes prolongés, et à les rassurer quant aux possibilités de prise en charge et au caractère temporaire et réversible de leur situation. Par ailleurs, la Haute autorité de santé rappelle qu'une action nationale coordonnée de recherche a été créée, portant prioritairement sur l'épidémiologie des symptômes prolongés, la recherche des mécanismes physiopathologiques à l'origine de ces symptômes, l'étude de leur impact sur la qualité de vie, et la recherche d'approches thérapeutiques. Ces travaux devraient permettre de mieux comprendre la Covid-19 et conduire, une fois que les données seront suffisantes, à proposer des recommandations de bonnes pratiques aux professionnels-les de santé.