Raoult devant le Conseil de l’ordre

17 Novembre 2020
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Le professeur Didier Raoult va comparaître devant les instances disciplinaires de l'Ordre des médecins après le dépôt d'une plainte lui reprochant plusieurs entorses déontologiques liées à la promotion de l'hydroxychloroquine pour lutter contre la Covid-19, indique (12 novembre) l’AFP, citant des sources concordantes. Depuis le début de l'épidémie, la défense de l'hydroxychloroquine par Didier Raoult, qui dirige l'Institut hospitalo-universitaire Méditerranée Infection à Marseille, a suscité de nombreuses polémiques dans le monde scientifique, en France et au-delà. Interrogé par l'AFP, le Conseil national de l'Ordre des médecins a confirmé qu'une procédure était en cours à la suite d'une plainte déposée en juillet par la Société de pathologie infectieuse de langue française (SPILF). La société savante accusait le médecin de manquement au devoir de confraternité et d’utilisation de traitements non validés. Les poursuites engagées par le conseil de l'Ordre des médecins font suite à cette saisine, mais aussi à plusieurs signalements de patients-es et de confrères médecins, a rapporté le quotidien national Le Parisien-Aujourd'hui en France. Règlementairement, lorsqu'une plainte vise un médecin hospitalier, elle ne peut être transmise aux chambres disciplinaires régionales de l'Ordre qu'après l'accord de ses instances locales, a précisé le Conseil national de l'Ordre des médecins à l'AFP. C'est cette étape qui a été récemment franchie. « Mi-octobre, le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, réuni en session plénière, a voté pour transmettre cette plainte à la chambre disciplinaire régionale de Provence-Alpes-Côte d'Azur », a indiqué cette même source. Présidée par un magistrat administratif, cette chambre peut décider de sanctions allant d'un simple avertissement à une radiation. Aucun calendrier ni date d'audience n'ont pour l'heure été fixés. « Cela va être long et cela nous amènera sans doute en 2021 », a commenté l'Ordre national, en précisant que le délai de traitement de ce genre de plaintes par les chambres disciplinaires de première instance était de dix mois en moyenne. « Tout ça n'est pas du droit, mais de la communication », a réagi, de son côté, auprès de l'AFP, l'avocat du professeur Raoult, Fabrice Di Vizio, estimant que la relaxe de son client serait « une évidence ». « L'Ordre joue-t-il encore son rôle principal de corps représentatif des médecins ou est-il devenu un gendarme de la pensée unique ? », s’est interrogé l'avocat.