Rapport 2019 du Fonds mondial

4 Octobre 2019
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Mi-septembre, le Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a publié son rapport. Il indique que les « programmes soutenus par le Fonds mondial de lutte (…) ont sauvé 32 millions de vies ». Cette édition 2019 fait état de « progrès considérables » réalisés contre certaines des plus grandes difficultés rencontrées dans la lutte contre les trois maladies, et souligne « de nouvelles menaces ». Le Fonds mondial investit 18,9 millions de personnes sous traitement antirétroviral contre le VIH ; un engagement qui a permis que «  719 000 mères séropositives aient reçu un traitement pour rester en vie et pour prévenir la transmission du virus à leurs nourrissons ». Cet engagement, c’est aussi : 5,3 millions de personnes testées et traitées pour une tuberculose et 131 millions de moustiquaires distribuées afin de protéger les familles du paludisme. « La lecture du rapport sur les résultats de cette année fait clairement apparaître les raisons pour lesquelles nous devons accélérer le mouvement contre le VIH, la tuberculose et le paludisme », explique d’ailleurs Peter Sands, directeur exécutif du Fonds mondial, dans un communiqué accompagnant la sortie dudit rapport. « Nous avons réalisé des progrès extraordinaires, mais nous sommes encore confrontés à des défis colossaux que nous devons surmonter pour atteindre la cible de l’Objectif de développement durable n° 3 d’en finir avec les épidémies », temporise-t-il.
Le Rapport 2019 sur les résultats est publié seulement trois semaines avant que le Président français Emmanuel Macron accueille à Lyon la sixième Conférence de reconstitution des ressources du Fonds mondial (CRFM), les 9 et 10 octobre. Ce dernier cherche à recueillir au moins 14 milliards de dollars pour les trois prochaines années, afin d’aider à sauver 16 millions de vies, à réduire de moitié les taux de mortalité liés au VIH, à la tuberculose et au paludisme et à construire des systèmes de santé plus solides d’ici 2023 ; un objectif financier que les organisations non gouvernementales jugent insuffisant. C’est la raison pour laquelle, AIDES a lancé la seconde phase de sa campagne à l’attention du président Emmanuel Macron, pour lui demander d’augmenter la contribution de la France d’au moins 25% lors de la prochaine Conférence de reconstitution, les 9 et 10 octobre. L’ONG demande donc cette augmentation de la contribution française (+ 25 %), soit 1,35 milliard d’euros pour les trois prochaines années (ce qui représente 450 millions par an), mais aussi une « augmentation globale de la contribution des États pour atteindre un budget supérieur à 14 milliards de dollars pour la période 2020-2022 (4,7 milliards par an minimum) ». Autre revendication : une affirmation croissante du leadership français par « un réel engagement politique, notamment en faveur des pays desquels le Fonds Mondial se désengage progressivement, et un déploiement des fonds dédiés aux populations clés ». AIDES demande aussi une « mobilisation plus importante des acteurs institutionnels, mais aussi des acteurs privés, pour lever les freins à l’accélération de la lutte et favoriser l’accès à l’innovation thérapeutique, particulièrement en Afrique francophone » et une « prise en compte effective des besoins des populations clés et des acteurs communautaires dans les instances décisionnelles et le suivi des subventions ».