Rapport Morlat : les chapitres actualisés

30 Octobre 2017
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Des actualisations de chapitres du rapport d'experts de prise en charge des personnes vivant avec le VIH ont été mises en ligne sur le site du Conseil national du sida et des hépatites virales. Les nouveaux chapitres concernent l’épidémiologie, l’accès aux soins et qualité de vie, les accidents d'exposition sexuelle et sang /TPE. Première évolution notable, et conséquence du consensus autour du U=U (pour Undetectable = Untransmittable ou Indétectable = Intransmissible), le traitement d’urgence n’est plus recommandé quand le ou la partenaire est séropositif-ve en charge virale indétectable. Le rapport de 2013 avait maintenu une recommandation pour les rapports anaux réceptifs.Deuxième évolution notable, le traitement d’urgence n’est plus recommandé pour les fellations sans éjaculation dans la bouche, même avec un partenaire en charge virale détectable ou ignorant son statut sérologique. Le traitement d’urgence suite à un accident d’exposition sexuelle est donc recommandé pour tous les rapports anaux et vaginaux insertifs ou réceptifs et pour la fellation avec éjaculation dans deux types de cas  : le ou la partenaire est séropositif-ve en charge virale détectable ; le statut sérologique du ou de la partenaire est inconnu et il ou elle appartient à un groupe à prévalence élevée (HSH multipartenaires ; travailleurs-euses du sexe ; usagers-ères de drogue injectable ; personne originaire de pays ou régions à prévalence du VIH est supérieure à 1 %). Concernant le suivi, le groupe recommande désormais d’effectuer un dépistage systématique des chlamydias et des gonocoques, en plus du VIH, des hépatites et de la syphilis. Le traitement préconisé, sauf contre-indications, reste une association de ténofovir disoproxil (TDF), d’emtricitabine (FTC) et de rilpivirine (TMC 278). Enfin, concernant l’accès au traitement d’urgence, le groupe d’experts recommande notamment l’élargissement de l’autorisation de prescription aux CeGIDD (Centre gratuit d'information, de  dépistage et de diagnostic des infections par le VIH et les hépatites virales et les infections sexuellement transmissibles), y compris non hospitaliers, et la diversification des points d’accès au TPE en autorisant la délivrance des kits thérapeutiques d’urgence par les acteurs impliqués dans les actions de proximité (paramédicaux, acteurs du dépistage communautaire) afin de rapprocher le dispositif des prises de risque. Voilà une revendication de longue date des acteurs associatifs désormais inscrite dans le rapport du groupe d’experts. Le ministère de la Santé n’a plus qu’à s’en saisir ! Suite à l'impulsion d'associations dont AIDES, un chapitre consacré aux conditions de vie des personnes vivant avec le VIH existe depuis plusieurs années. L'ambition de ce chapitre était de pointer et d'assumer qu'une prise en charge ne devait pas être que médicale, mais aussi globale à travers l'accès aux droits et une amélioration des conditions de vie des personnes vivant avec le VIH. La nécessité d'une prise en charge globale et de faire de l'accès aux droits un enjeu de santé publique est, de nouveau, rappelée dans le chapitre "Accès aux soins et qualité de vie". Ce chapitre dresse un panorama des droits en matière d'accès aux soins, à la couverture maladie, de dispositifs d'accès au logement, d'accompagnement social, de ressources, d'accès à l'emploi, d'accès au crédit, de bien vieillir avec le VIH notamment. Il reprend aussi des données des enquêtes VESPA 2 et Parcours sur les vulnérabilités des personnes vivant avec le VIH. On y puise de nombreuses ressources et infos très utiles. Sont attendus, d’ici quelques semaines, le chapitre consacré aux cancers, celui sur dépistage et prévention, suivra le chapitre sur suivi et organisation des soins. L'ensemble des chapitres auront été actualisés d'ici décembre 2016 et seront publiés dans la foulée, d’après ce qu’a annoncé le professeur Philippe Morlat au congrès de la SFLS.