Réactions sur les brevets

14 Mai 2021
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Le président français Emmanuel Macron a appelé avec force, le 8 mai dernier, les États-Unis à lever toutes les restrictions à l’export des vaccins et composants de vaccins contre la Covid-19 qui, selon lui, limitent la production en Europe. « J’appelle très clairement les États-Unis à mettre fin aux interdictions à l’export, non seulement de vaccins, mais de composants de ces vaccins qui empêchent la production. La clé pour produire plus vite des vaccins pour les pays pauvres et les pays intermédiaires, c’est de produire plus : lever les interdictions à l’export », a-t-il insisté devant la presse lors du sommet social européen à Porto. Le laboratoire allemand Curevac, dont le vaccin n’est pas encore approuvé, mais qui doit jouer un rôle important dans les campagnes européennes de vaccination, « dit qu’il ne peut pas produire en Europe car les composants sont bloqués aux Etats-Unis », a-t-il accusé. En réponse à la proposition de Joe Biden de lever les brevets des vaccins Covid-19, qui a obligé les Européens-nes à se positionner, Emmanuel Macron s’est dit ouvert à « une levée circonscrite », sur le modèle des traitements contre le sida, mais que l’urgence n’était pas là. Le président français a expliqué de nouveau que la priorité n’était pas de lever les brevets - autrement dit de ne plus payer de redevance aux laboratoires inventeurs des vaccins - mais d’effectuer des transferts de technologie pour installer des sites de production dans les pays pauvres, citant le Sénégal, l’Inde et l’Afrique du Sud où il va bientôt aller inaugurer une usine aidée par l’UE. Lever les brevets « sera une réponse, mais seulement quand on aura produit suffisamment de vaccins et que ce ne sera qu’une question de coût », a-t-il jugé. « La clé est le transfert de technologie que nous construisons en Europe pour aider des plateformes de production, en particulier en Afrique. J’irai dans quelques semaines en Afrique du Sud aux côtés du président Ramaphosa pour initier une plateforme de production de vaccins que nous avons cofinancée et accompagnons technologiquement. De la même manière, avec les réseaux de l’Institut Pasteur, c’est ce que nous voulons faire à Dakar ». Le pape François a apporté samedi 8 mai son soutien à la proposition de levée des brevets sur les vaccins contre la Covid-19, afin d’accélérer la diffusion de vaccins aux pays pauvres, dans un message vidéo au concert « Vax Live ». Le pape a condamné a condamné « le virus de l’individualisme » qui nous rend « indifférent à la souffrance des autres ». « Un variant de ce virus est le nationalisme étroit qui empêche par exemple, un internationalisme des vaccins », a-t-il déclaré, rapporte l’AFP. « Un autre variant consiste à placer les lois du marché ou la propriété intellectuelle au-dessus des lois de l’amour et de la santé de l’humanité ».