Recherche : le projet de loi critiqué

3 Juillet 2020
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Le Conseil économique, social et environnemental (Cese), saisi par le gouvernement sur le projet de loi pluriannuel de la recherche, a rendu (24 juin) un avis très critique à l'encontre d'un texte qui n'est selon lui « pas à la hauteur » pour redonner du souffle au système. Le projet de loi LPPR, qui doit être présenté le 8 juillet en Conseil des ministres, prévoit un investissement de 25 milliards d'euros sur dix ans pour donner de la visibilité et des moyens à la recherche, fragilisée par un sous-investissement chronique. Mais cette programmation financière « n'est pas à la hauteur des défis considérables auxquels notre pays doit faire face », estime le Cese dans son avis - consultatif - présenté à la ministre de la Recherche, Frédérique Vidal, précise l’AFP. « Peut-on soigner un système avec les outils qui l'ont rendu malade ? », s'interroge la troisième assemblée de la République, qui s'alarme du « caractère très préoccupant de la situation de la recherche publique française » et n'est « pas convaincue » que le projet du gouvernement « soit de nature à inverser la tendance ». « Nous avions déjà fait le constat d'un décrochage et alerté sur un besoin d'investir massivement dans la recherche. Or ce qui est proposé est très insuffisant, ça n'est pas sérieux », a déclaré à l'AFP Sylviane Lejeune, rapporteure de l'avis du Cese au nom de la section des activités économiques. La LPPR envisage une montée en charge progressive du budget annuel, pour qu'en 2030 il atteigne +5 milliards d'euros par rapport à 2020. Mais « il y aura seulement 400 millions d'euros en 2021, alors qu'on parle en milliards pour le plan de relance suite à la crise sanitaire, qui a démontré la vulnérabilité de notre pays ! », a commenté Sylviane Lejeune. L'avis critique également les modalités des financements, qui seraient principalement distribués par appels à projets, via l'Agence nationale de recherche (ANR) : il y voit une menace pour les crédits de base, déjà à la baisse, et une vision de « court terme ». Sur le volet social, il craint que le projet n'accroisse « le taux déjà très élevé d'emplois de contractuels », via les nouvelles voies de recrutement envisagées (chaires de professeur juniors et CDI de mission scientifique). En France, un quart des effectifs de la recherche sont déjà non-permanents.