Recherche VIH : femmes sous-représentées

13 Février 2023
1 181 lectures
Notez l'article : 
5
 
0

Où sont les femmes ? Les femmes constituent la majorité des personnes vivant avec le VIH (PVVIH) dans le monde, mais depuis longtemps, on constate une sous-représentation chronique des femmes dans les essais cliniques sur les antirétroviraux. Une étude récente donne des données chiffrées sur cette sous-représentation, rapporte le site Aidsmap. Selon le Dr Shuang Zhou de la FDA (Agence américaine du médicament), la faible représentation des femmes dans les essais cliniques sur le VIH a pour conséquence le fait de ne pas identifier des différences d'efficacité et de sécurité des traitements entre les hommes et les femmes. Les femmes afro-américaines sont particulièrement sous-représentées dans les essais cliniques des nouveaux antirétroviraux. Cette sous-représentation a un impact direct sur la prise en considération de certains effets indésirables, tels que la prise de poids et les éruptions cutanées ; des effets indésirables signalés plus fréquemment chez les femmes que chez les hommes. Les chercheurs-ses ont examiné les données issues des essais cliniques qui ont été soumises à la FDA après 2010. L'étude a porté sur 18 essais cliniques de phase III chez des adultes qui commençaient un traitement contre le VIH. Tous les essais étaient multicentriques (réalisés en même temps dans plusieurs hôpitaux ou cliniques) et ils se déroulaient dans plusieurs pays. Au total, les 18 essais ont inclus un peu plus de 13 000 participants-es dont 15 % de femmes, 65 % de Blancs-hes, 21 % de Noirs-es et 7 % d’Asiatiques. Parmi les femmes, 45 % étaient blanches et 36 % étaient noires. Parmi les hommes, 69 % étaient blancs et 18 % étaient noirs. Si l'on considère uniquement les participants-es basés-es aux États-Unis, seules 11 % étaient des femmes. Parmi elles, 62 % étaient noires et 34 % blanches. Les participantes avaient en moyenne cinq ans de plus que leurs homologues masculins. Elles avaient également un nombre de CD4 significativement plus faible. Quinze des 18 essais n'avaient pas une représentation proportionnelle entre les femmes et les hommes. Si on ventile les données en fonction du genre et de l’appartenance ethnique, 11 % des PVVIH aux États-Unis sont des femmes noires, mais elles représentent seulement 7 % des participants-es aux essais cliniques. Les femmes blanches représentent, elles, 4 % des PVVIH aux États-Unis et 4 % des participants-es à l'essai. Il y a donc une sous-représentation des femmes noires vivant avec le VIH dans les essais cliniques américains sur les ARV. En conclusion, les auteurs-rices de l’étude appellent à des moyens innovants pour améliorer le recrutement des femmes dans les essais cliniques. Ils-elles insistent sur la nécessité pour les chercheurs-ses de ne plus considérer les hommes cisgenres comme l'être humain par défaut et de reconnaître comment leurs pratiques de recrutement les favorisent. À bon entendeur.