Régulation des drogues : débat raté ?

26 Avril 2021
350 lectures
Notez l'article : 
0
 

On sent de la déception et de la lassitude dans le communiqué de la Fédération Addiction aux récentes déclarations d’Emmanuel Macron concernant la drogue et le grand débat auquel il appelle. Dans un communiqué (20 avril), la Fédération Addiction (qui représente plus de 200 associations et hôpitaux gestionnaires de 800 centres de soin de prévention et de RDR et de 500 professionnels-les de santé) rappelle que, depuis longtemps, elle « appelle (…) à un grand débat sur la régulation des substances psychoactives tant en termes de santé que de sécurité ». Elle note aussi que la « pénalisation de l’usage de drogues illégales n’a (….) jamais été remise en cause depuis 51 ans, notre législation reste une des plus sévères et l’application des sanctions n’a cessé de se renforcer ». Et pourtant la consommation n’a jamais été aussi forte. « Sur la même période, prévention et réduction des risques ont été délaissées, avec la même constance, la prévention restant la seule mission publique à ne pas disposer d’un budget pérenne », tacle la Fédération. Elle note que : « malgré ce constat d’échec, on nous propose d’appliquer encore la même recette. La question des drogues ne peut pas s’envisager sous le seul angle de la sanction du consommateur, il s’agit d’un problème aux origines multiples qui demande une approche ferme et engagée articulant éducation, information, accès aux soins et évidemment règles et sanction. La pathologie addictive, quant à elle, est souvent l’expression de vulnérabilités familiales, psychologiques ou sociales qui méritent des réponses spécifiques ». Se dessine alors une critique percutante sur la méthode actuelle de conduire le débat : « Il faut sortir de ces positions segmentées, caricaturales, voire même stimagtisantes pour des personnes et leur entourage en difficultés avec l’usage de drogues illégales comme légales (…) C’est pour cette raison que nous continuons de demander une politique de régulation cohérente et ambitieuse. Celle-ci est d’autant plus nécessaire que nous traversons une période de pandémie où les usages de substances sont des recours pour faire face aux répercussions économiques et à un mal être dont témoigne la dégradation des indicateurs de la santé mentale des Français ». Et la Fédération Addiction de défendre une « nouvelle politique de régulation des drogues » qui est « possible » et même « indispensable ».