Remise du rapport « Chemsex »

1 Avril 2022
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Commandé en septembre 2021, le ministère des Solidarités et de la Santé a reçu (17 mars) le rapport « Chemsex » du Pr Amine Benyamina, chef du service de psychiatrie et d’addictologie de l’Hôpital Paul-Brousse (AP-HP) et président de la Fédération française d’addictologie. Le document de 74 pages établit un état des lieux sur le chemsex, et formule des recommandations afin d’agir sur la prévention et la réduction des risques associés à cette pratique. Le Pr Amine Benyamina estime que le chemsex concerne encore principalement les hommes ayant des relations sexuels avec des hommes (HSH), mais craint une diffusion plus large avec la démocratisation des applis de rencontres géolocalisées, soit «  a minimaun potentiel de 100 000 à 200 000 personnes en France ». Le rapport pointe notamment l’usage des cathinones de synthèse, mais aussi le GHB et le GBL, la cocaïne, la MDMA, la kétamine et la méthamphétamine. Le médecin appelle à une stratégie de santé publique adaptée aux « particularités des personnes concernées, sans moralisme ni discrimination ». Le repérage de ces personnes devrait, par exemple, s’appuyer sur une collaboration avec les sites spécialisés et les applications de rencontre, et passer par des dispositifs d’aller vers via des associations communautaires, notamment des HSH, d’usagers-ères de drogues ou d’autosupport. Dans un communiqué, le ministère de la Santé salue le travail effectué et les recommandations qui vont « enrichir les actions » prévues dans la feuille de route santé sexuelle 2021-2024, en particulier le projet « accompagnement en réseau pluridisciplinaire amélioré (ARPA) – chemsex », porté par les associations AIDES et la Fédération Addictions. Cette feuille de route prévoit notamment le développement d’un annuaire et d’une cartographie de la santé sexuelle sur Sante.fr, autant pour les usagers-ères que pour les professionnels-les. Son objectif est aussi de renforcer la place des médecins généralistes à travers la consultation longue en santé sexuelle et l’accessibilité du traitement post-exposition au VIH.