Résistance aux antibiotiques

25 Novembre 2018
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Malgré les différents plans d’action mis en place par les pouvoirs publics, la consommation d’antibiotiques continue de progresser en France, note France assos Santé dans un communiqué (13 novembre). « Cette consommation excessive est un des facteurs du développement préoccupant de la résistance bactérienne aux antibiotiques qui constitue un enjeu majeur de santé publique pour les années à venir [ce qu’a d’ailleurs rappelé récemment l’Organisation mondiale de la santé, ndlr] avec des conséquences potentiellement dévastatrices pour la santé humaine ». Dans son communiqué, France assos Santé indique qu’elle entend « sensibiliser les usagers à cette problématique qui les concerne en leur apportant quelques clefs pour leur permettre d’agir à leur niveau dans leur quotidien » A cette effet, un dossier d’information est publié sur le site grand public « 66 Millions d’impatients » qui aborde : les données de consommation afin d’expliciter les facteurs qui contribuent à maintenir le recours aux antibiotiques à un niveau élevé et sur lesquels il nous faut donc agir individuellement et collectivement ; le rôle joué par l’élevage industriel et les animaux domestiques ; le cas du traitement antibiotique de l’angine et des autres affections ORL avec de nombreuses prescriptions injustifiées d’antibiotiques contribuant ainsi au développement de l’antibiorésistance ; des exemples d’actions concrètes que chacun des acteurs (patients, médecins, industriels, pouvoirs publics…) peut mettre en place. « Il est (…) essentiel de participer à une prise de conscience générale pour modifier nos habitudes sur le développement de l’antibiorésistance, explique le Collectif.  La lutte contre les bactéries résistantes nécessite également de consacrer les moyens suffisants à la recherche de nouvelles classes d’antibiotiques efficaces et accessibles à tous. Les industriels du médicament communiquent largement sur leur engagement sans faille dans le développement de nouvelles thérapies ; la réalité est cependant toute autre et nombre d’entre eux se sont débarrassé des activités de recherche sur les anti-infectieux ne la jugeant pas prioritaire, car insuffisamment rentables. La relance de la recherche publique et privée constituera également une des principales clés pour répondre à ce défi vital. De son côté, l’OMS rappelle qu’en Europe, 33 000 décès seraient imputables à des bactéries multi-résistantes chaque année. À l’échelle mondiale, l’OMS estime à 700 000 le nombre de décès annuels. L’enjeu est tel que l’OMS considère l’antibiorésistance comme une des plus grandes menaces pour la santé au XXIe siècle.