Résultats de l’essai ANRS Statis

1 Juillet 2020
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L’essai clinique ANRS Statis visait à comparer les bénéfices et les risques de deux stratégies de lutte contre la tuberculose chez des personnes infectées par le VIH fortement immunodéprimées, vivant dans un pays à ressources limitées. Il vient de livrer ses conclusions, comme en fait état un communiqué de l’agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites virales (ANRS). Les résultats, publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM), concluent « qu'un traitement systématique de la tuberculose en cas d'infection par le VIH à un stade avancé n'est pas supérieur à un traitement guidé par des tests répétés ». L’équipe de recherche, conduite par le professeur François-Xavier Blanc (CHU et Université de Nantes), a expliqué « qu’elle n’observe pas, au bout de 24 ou 48 semaines de suivi, de supériorité d’un traitement antituberculeux donné systématiquement par rapport à un traitement donné uniquement en cas de tuberculose documentée après des tests diagnostiques répétés chez des adultes à un stade avancé de l’infection par le VIH, non suspects de tuberculose et prêts à débuter leur traitement antirétroviral ». Les chercheurs-euses observent en revanche des effets indésirables plus fréquents chez les patients-es ayant reçu un traitement systématique.
La tuberculose représente la principale cause de mortalité chez les personnes vivant avec le VIH, responsable de plus d’un tiers de tous les décès dus au sida en 2015, selon des données de l’Onusida. À l’échelle mondiale, près de 60 % du nombre estimé de cas de tuberculose liés au VIH ne sont pas diagnostiqués ni traités. Le traitement d’une tuberculose sensible aux médicaments dure six mois, avec l’administration quotidienne de quatre antibiotiques. Il est bien toléré, efficace et relativement peu coûteux (environ 100 à 1 000 dollars au total, en fonction du pays), et il peut être combiné sans problème à un traitement antirétroviral.