Retard pour le cannabis médical

17 Septembre 2020
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Dans une tribune publiée (8 septembre) dans Le Parisien, des médecins, chercheurs-es, sociétés savantes, associations demandent au gouvernement de tenir ses engagements en mettant en place dès janvier prochain l’expérimentation du cannabis à usage médical. En premier parmi les signataires, on trouve le professeur Nicolas Authier, médecin psychiatre et pharmacologue, président du Comité scientifique temporaire (CST) chargé de superviser l'expérimentation. C’est lui qui a lancé ce mouvement de protestation car la situation est actuellement bloquée et donc pas d’expérimentation, pour le moment. Celle-ci devrait concerner a minima 3 000 personnes souffrant de douleurs chroniques neuropathiques, de contractions musculaires douloureuses chez des personnes atteintes de sclérose en plaques ou avec des lésions médullaires, d’épilepsies résistantes, de complications liées aux cancers et aux chimiothérapies et de personnes en situation palliative. « Mais pour cela, encore faudrait-il que l’expérimentation puisse avoir lieu ! Le décret d’application de cet article 43 est attendu depuis plusieurs mois. Sans ce décret, il est impossible de mettre en œuvre cette expérimentation, car l’étape cruciale de la sélection et de l’autorisation de ces médicaments qui seront prescrits aux patients ne peut être réalisée. Par ailleurs, nous ne pouvons que regretter un arbitrage à zéro euro concernant le financement de cette expérimentation qui doit mobiliser pendant deux années sur tout le territoire français plusieurs milliers de professionnels de santé volontaires. Cela met aussi la France en situation de dépendance face à des acteurs privés étrangers et de leur bon vouloir de fournir gracieusement leurs produits et dispositifs médicaux », dénoncent les signataires de la tribune dans Le Parisien. Comment expliquer ce blocage ? « Ce qui bloque, c'est la volonté politique », avance Bertrand Rambaud, président de l'association Alternative cannabis thérapeutique (ACT), qui pointe « la peur des politiques de voir le cannabis médical être le premier pas d'une légalisation du cannabis récréatif » alors que le gouvernement a fait de la lutte contre le trafic de stupéfiants une priorité. Contactée par Le Parisien, la Direction générale de la santé assure qu'une publication du décret « est visée pour le mois de septembre ». Le Conseil d'État « vient d'être saisi » pour validation et « le début de l'expérimentation est toujours prévu pour janvier », confirme-t-elle. « Même si le décret était publié en septembre, je ne suis pas sûr qu'on arrivera à commencer en janvier », doute Nicolas Authier.