Ruptures d’ARV : mise en garde

5 Septembre 2022
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Ces cinq dernières années, Françoise Ndayishimiye occupait le poste de directrice pays de l’Onusida au Gabon. Elle y organisait, en lien avec les autorités locales, la réponse au VIH/sida dans ce pays très touché par l’épidémie. Au terme de son mandat, la diplomate onusienne a eu une audience avec Ali Bongo, le chef de l’État. À cette occasion, elle « a suggéré que des efforts soient menés par les autorités gabonaises afin que les ruptures de stocks d’antirétroviraux constatées quelques fois, n’impactent plus la prise en charge des patients », rapporte un communiqué officiel de la présidence, largement repris dans les médias locaux. Les ruptures d’ARV sont devenues fréquentes ; à tel point, qu’elles mettent en danger la vie des 25 000 personnes qui prennent quotidiennement ces traitements dans le pays. À ce jour, les ARV sont le plus souvent importés d’Inde. Libreville y consacrerait un budget important, notamment du fait que le pays peine à mettre en place une véritable politique de gestion des stocks et soit souvent contraint de faire venir ces traitements en urgence ; ce qui augmente le coût. Le pays s’est certes doté d’une usine de fabrication de médicaments dont des antirétroviraux. Mais cette source d’approvisionnement reste bloquée car les ARV fabriqués au Gabon n’auraient pas encore reçu l’agrément de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour leur mise sur le marché. Ces dernières années, plusieurs ONG gabonaises sont montées au créneau pour exiger du gouvernement qu’il fasse accélérer la procédure de l’OMS, sans succès à ce stade.