Sécu : déficits et cour des comptes

7 Juin 2023
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Sous contrôle. La sortie (relative) de la Covid-19 et la réforme des retraites (adoptée, il y a quelques semaines) ne devraient pas permettre à la Sécurité sociale de sortir de son déficit. Elle va continuer d’accumuler les dettes à l’avenir, a averti la Cour des comptes 24 mai) dans un rapport qui appelle à des « réformes vigoureuses », notamment dans les dépenses de santé. Revenue d’un déficit de presque 40 milliards d’euros en 2020, la Sécu devrait réduire ses pertes à environ huit milliards en 2023, selon le dernier budget voté (PLFSS 2023). Quatre années de crise que les Français-es devront rembourser pendant encore une décennie, explique l’AFP. Reste que le « trou » ne va pas se combler. « Dès 2024, le déficit devrait s’aggraver à nouveau », notamment avec la branche assurance vieillesse « que la réforme des retraites ne devrait pas permettre de rétablir rapidement », relève la Cour des comptes. « Si nous n’agissons pas, nous n’aurons pas de marge de manœuvre pour investir » dans l’éducation, la transition climatique ou encore la santé, a mis en garde son président Pierre Moscovici, président de la Cour, lors d’une conférence de presse. Rien que sur les trois prochaines années, plus de 36 milliards de dette supplémentaire sont ainsi attendus. Le risque de dérapage est d’autant plus probable que les dépenses de santé devront progresser moins vite que l’inflation cette année et l’an prochain, ce qui n’est jamais arrivé dans un passé récent. Cela « implique un effort financier inédit », relève la Cour des comptes. Les magistrats-es financiers-ères affirment donc que « des réformes plus vigoureuses (sont) indispensables » et rappellent leurs propositions récentes visant certains secteurs comme l’imagerie médicale et la radiothérapie. Ils et elles suggèrent aussi de revoir l’organisation du Samu, avec le « rapprochement » des centres d’appels existants dans chaque département et le recours accru aux ambulances sans médecin. La fraude aux prestations sociales est également dans le collimateur de la Cour des comptes, qui chiffre les malversations « de l’ordre de six à huit milliards d’euros » par an, a indiqué Pierre Moscovici, estimant que « trop peu de moyens sont consacrés aux contrôles » — qui mobilisent « moins de 3.400 agents » dans l’ensemble des caisses de Sécu. « Il faut un changement d’échelle », a-t-il insisté, glissant au passage que s’attaquer aux fraudes des professionnels de santé ou des bénéficiaires du RSA « demande un certain courage politique ».