Séropositif, heureux et en bonne santé

17 Janvier 2022
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Savion Ashford est un barbier et maquilleur qui vit dans la ville d’Atlanta (États-Unis). Il s’est fait connaître en 2020 sous son nom d’artiste Savion Garçon de la House of Garçon, dans l’émission Legendary sur la chaine américaine HBO Max. Legendary est une compétition de ballroom, une scène artistique très fréquentée par les communautés LGBT+ noires et latinos et popularisée mondialement grâce à la série Pose. En octobre 2021, le jeune homme annonçait sa séropositivité sur son compte Twitter : « Le 18 octobre 2007, j’ai été diagnostiqué séropositif au VIH. Tout au long de ces quatorze années, j’ai connu beaucoup de hauts et de bas (…). Aujourd’hui, je veux dire que je suis Savion Ashfort, séropositif, heureux et en bonne santé ». Trois mois après cette annonce, Savion Ashford revient sur sa décision de parler publiquement de sa séropositivité dans le journal HIV Plus Mag : « En quatorze ans, j’ai eu le temps de déconstruire les représentations de la société et l’hystérie qui entourent le fait de contracter le VIH. J’ai senti qu’il était temps que je partage mon parcours avec d’autres personnes comme moi », déclare le jeune homme. Quelles ont été les réactions suite à ce coming out ? « J’ai reçu un nombre de messages de soutien et d’amour incroyable, que ce soit de ma famille et de mes amis, mais aussi de personnes inconnues, notamment des personnes récemment diagnostiquées et qui avaient besoin de conseils (…) Ma mère m’a appelé et m’a dit : « Savion, mon fils, je suis fière de toi et heureuse pour toi ». Savion Ashford est originaire de Caroline du Sud, un État du sud des États-Unis où la communauté noire est particulièrement touchée par le VIH. Il pointe du doigt un manque d’accès à l’information et la prévention, mais aussi la difficulté d’appartenir à la communauté LGBT+ dans sa région d’origine. « Même pour certains de mes proches, y compris dans ma famille, il aurait été préférable que je devienne un criminel condamné plutôt qu’un homme qui parle publiquement du fait d’être noir, gay et séropositif », explique-t-il. Mais le jeune homme peut compter sur le soutien de sa famille de cœur dans la communauté LGBT+ : « La scène ballroom s’est construite pour faire face aux oppressions de la société. Beaucoup d’associations et de groupes de soutien se sont greffés autour du ballroom (…). Si je n’avais pas connu cette scène, je n’aurais jamais eu le courage d’en être là où je suis aujourd’hui dans ma vie ».