Sidaction dénonce les inégalités

1 Décembre 2019
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C’est le thème des « inégalités : complices silencieuses du VIH » que Sidaction a choisi pour sa campagne à l’occasion du 1er décembre 2019. « Trente ans de lutte contre le VIH/sida. Trente années et pourtant, l’épidémie est toujours active dans de trop nombreux pays. Malgré de grandes avancées scientifiques, les populations les plus précaires se retrouvent en première ligne face au VIH. Les inégalités n’ont jamais cessé d’alimenter l’épidémie de VIH/sida et n’épargnent aucune région du globe. Pour mettre fin à l’épidémie, la lutte contre les inégalités est indispensable », explique Sidaction dans un communiqué. Et l’association de poursuivre : « Aujourd’hui, les personnes vivant avec le VIH peuvent avoir une espérance de vie similaire à celles des personnes séronégatives si elles prennent les traitements assez tôt et y ont accès. Malgré cette avancée fondamentale, le virus continue de faire des ravages dans de nombreux pays en raison des inégalités : discriminations, précarité et politiques répressives constituent le terrain d’attaque du VIH. Aucun pays n’échappe aux inégalités, même à quelques heures d’avion de Paris. En Russie, on constate par exemple une augmentation de 75 % des nouvelles découvertes de séropositivité en six ans car la population homosexuelle et les usagers de drogues sont constamment discriminés ». La France aussi est concernée par les inégalités. « Près de 50 % des migrants d’Afrique subsaharienne vivant avec le VIH ont été infectés après leur arrivée dans le pays en raison notamment de leur situation de précarité », indique Sidaction. Et Florence Thune, directrice générale de l’ONG d’expliquer : « La récente décision du gouvernement français d’instaurer un délai de carence de trois mois à partir de l’entrée sur le territoire français pour pouvoir bénéficier d’une couverture sociale va aggraver l’état de santé de ces personnes. Cette décision affaiblit encore plus une population déjà très vulnérable face au VIH et à de nombreuses autres pathologies. » Ailleurs, les « blocages ne sont pas seulement médicaux, mais financiers, politiques et culturels ». Ainsi, « en Asie, les usagers de drogues  peuvent représenter plus de 40 % des nouvelles infections. Les lois répressives, comme aux Philippines, se substituent souvent aux politiques de santé publique et éloignent de facto les plus vulnérables des soins », indique le communiqué. ET Florence Thune de conclure : « La lutte contre le virus du sida interroge en permanence la place de l’humain dans la société et les systèmes de santé. Les avancées scientifiques et médicales sont à saluer, et Sidaction y contribue grâce à ses donateurs, mais tous ceux qui en ont besoin n’en profitent pas aujourd’hui. Nous sommes témoins d’un système creusant chaque jour un peu plus les inégalités en termes d’accès à la prévention et aux soins. Si l’on ne combat pas ces inégalités au niveau national et international, tous les progrès acquis en 30 années de combat ne profiteront qu’à une poignée de privilégiés. »