Soignants-es aux petits soins

14 Octobre 2023
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Je suis malade ! L’état de santé des soignants-es est préoccupant, alerte un rapport remis lundi 10 octobre au gouvernement. Il préconise que cette question devienne une « priorité » stratégique du système de santé et propose des pistes en vue d’une « feuille de route pluriannuelle » ministérielle, prévue pour décembre. La ministre déléguée chargée des Professions de santé, Agnès Firmin le Bodo, avait confié en mars une mission à trois professionnels-les (infirmier, chirurgien et médecin généraliste), et lancé une consultation, qui a réuni près de « 50 000 contributions » de soignants-es. « Bien que ces professionnels aient un contact permanent au soin, leur propre santé est trop souvent un enjeu secondaire, qui n’entre en considération que beaucoup trop tard face à l’évolution d’un mal-être ou d’une pathologie », soulignent les auteurs-rices. Cette « difficulté croissante » a été « mise en lumière » par la pandémie de Covid-19. D’après les résultats de cette consultation, le temps de travail hebdomadaire des soignants-es dépasse en moyenne les 40 heures, avec notamment 46 heures pour les professionnels-les libéraux-les et 53 heures pour les médecins généralistes. Deux tiers (64 %) se sentent fatigués, et 77 % estiment qu’ils-elles ne dorment pas suffisamment. Lorsqu’on leur propose d’attribuer une note à leur niveau de stress, plus d’un quart donnent la note de 9/10 (10/10 étant un stress majeur). Plus d’un-e soignant-e sur deux (55 %) déclare avoir connu un ou plusieurs épisodes d’épuisement professionnel, proportion qui monte à 61 % chez les infirmiers-ères et aide-soignants-es, ou 62 % chez les médecins. Par ailleurs, 60 % souffrent de douleurs chroniques et un tiers admet ne pas avoir une alimentation saine. Pour faire de leur santé une « priorité », la mission propose notamment de créer une « structure interministérielle » dédiée. Elle recommande une campagne de communication et un développement des connaissances, via un « bilan annuel » des soignants-es et étudiants-es ou encore par un parcours universitaire dédié.  Les auteurs-rices insistent sur « l’urgence de structurer une offre de soins robuste » en ville pour ces professionnels-les, la nécessité d’un « accès 24h/24 à un service confidentiel d’écoute » ou d’une « plateforme unique » réunissant diverses formes d’aide (hospitalière, psychologique, administrative, juridique...).