Soins aux UD : blocage dans le 16e

21 Juin 2022
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L’ouverture d’un centre de soins pour les personnes usagères de drogues dans le 16e arrondissement de Paris, annoncée par la mairie mais contestée par la droite locale, « ne peut être validée en l’état » faute notamment d’une « concertation suffisante », a indiqué (16 juin) le ministère de la Santé à l’AFP. Un appel à projet, lancé en janvier, par l’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France devait désigner un site pour l’accueil de 35 lits médicalisés destinés à des personnes consommatrices sans domicile fixe. Mi-mai, l’adjointe à la Santé d’Anne Hidalgo, Anne Souyris, avait annoncé le choix de l’ancien hôpital Chardon-Lagache, proposé par l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et précisé que le lieu recevrait des personnes consommatrices de crack « stabilisées » et ayant « déjà effectué un parcours de soins ». Le ministère de la Santé reconnaît certes « qu’il existe un besoin de santé pour ces populations », mais, pour autant, il considère « en l’état » que « le projet ne peut être validé, au vu des inquiétudes qui s’expriment et en l’absence d’une concertation suffisante ». La question de cette création a, entre-temps, pris un tour politique. Ainsi, début juin, l’opposant local Rudolph Granier (LR) avait accusé la majorité municipale de gauche de « gangréner le 16e »  et de « poursuivre la diffusion du crack à Paris » ; alors même que la structure envisagée n’est pas une salle de consommation à moindre risque. Du côté macroniste, on bloque aussi. Le candidat de l’actuelle majorité présidentielle aux élections législatives, Benjamin Haddad, a récemment demandé à la ministre de la Santé, Brigitte Bourguignon, de surseoir à ce projet pouvant, selon ses termes, « porter atteinte à la sérénité du quartier ». À ce stade, « l’appel à projet est toujours en cours d’instruction », ajoute le ministère et « aucune décision définitive ne sera prise sans qu’une concertation avec les acteurs concernés, les élus et les habitants ne soit menée ». Cette concertation est d’ailleurs « déjà en cours », a précisé l’ARS, qui « envisage de la poursuivre et de l’approfondir ». Soit un délai supplémentaire à la mise en place de cette structure ; ce que critique Anne Souyris qui dénonce une « non-assistance à personne en danger », car il est question « de gens très malades qui nécessitent d’être en situation médicalisée et on ne va pas le faire parce que c’est l’avant-veille des législatives ». Sur Facebook,  Benjamin Haddad s’est félicité du blocage du projet, promettant à ses électeurs-rices s’il est élu d’être un « élu qui [les] protégera (…) avec le gouvernement pour défendre nos valeurs (sic) ». La présence dans l’espace public des personnes consommatrices de crack est un sujet ultra-sensible pour certains quartiers du nord-est parisien, confrontés aux nuisances, ainsi que pour la mairie et l’État, qui n’arrivent pas à se mettre d’accord sur des sites pour résoudre cette problématique et apporter des conditions de prise en charge qui soient profitables aux personnes concernées.