Stade avancé de l'infection VIH

25 Mars 2020
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Un essai clinique a cherché à savoir si l'ajout de maraviroc à un « traitement antirétroviral de référence pendant 72 semaines » permettait d'améliorer le pronostic clinique de personnes infectées par le VIH-1 et traitées à un stade avancé de l'infection. L'étude ANRS Optimal a comparé un groupe prenant le maraviroc (600 mg/jour) ajouté à traitement antirétroviral de référence et un groupe prenant uniquement le traitement antirétroviral de référence associé à un placebo. Comme l'explique le site Univadis, l'objectif de l'essai était de savoir si « l'ajout de maraviroc au traitement antirétroviral standard permettait de réduire le risque de morbidité et de mortalité graves liées aux infections opportunistes chez des personnes présentant une infection VIH-1 avancée ». L'hypothèse étant que le maraviroc, un anti-CCR5, a un effet antirétroviral, mais aussi « des propriétés immunomodulatrices intéressantes ». L'étude ANRS Optimal a été conduite en France, Italie et Espagne. Elle a recruté entre 2011 et 2014 des personnes adultes présentant un taux de CD4 faible (inférieur à 200 CD4/mm3) et/ou un événement classant sida. Deux groupes, avec ou sans maraviroc, ont été comparés. « Au total, parmi les 409 patients inclus et suivis, l’incidence de la morbidité sévère (évènement classant sida ou non classant sida grave, infections sévères spécifiques, etc.) était de 11,2 et de 11,1 cas pour 100 patients-année respectivement dans les groupes maraviroc et placebo », indique Univadis. Donc, pas de différence significative. Par ailleurs, l'utilisation du maraviroc était associée à un risque plus élevé d'échec virologique à 48 semaines (21,3% pour le groupe prenant aussi le maraviroc versus 15 % sous placebo), qui disparaissait à la 72e semaine. Enfin, si le gain absolu en lymphocytes T CD4 était identique durant le suivi, le rapport CD4/CD8 était, lui, plus faible. Les chercheurs-ses ne s'attendaient pas à une absence de bénéficie du traitement sur le taux de CD4. Reste que l'utilisation du maraviroc était associée à un meilleur résultat clinique durant les six premiers mois. « Ce potentiel effet bénéfique initial nécessiterait d’être investigué », conclut Univadis.

Lévy Y, Lelièvre JD, Assoumou L, et al. Addition of Maraviroc Versus Placebo to Standard Antiretroviral Therapy for Initial Treatment of Advanced HIV Infection: A Randomized Trial [published online ahead of print, 2020 Feb 11]. Ann Intern Med. 2020;10.7326/M19-2133. doi:10.7326/M19-2133.