Supersero : vers plus de visibilité

17 Avril 2021
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Nicolas a 32 ans et il vit avec le VIH depuis onze ans. En février 2021, le jeune homme a lancé sa propre association Supersero. Sur son site, Nicolas explique l’origine de son projet : « On ne saurait réduire l’expérience vécue par un séropositif à un traumatisme ; elle est surtout source de connaissances techniques, politiques et sociales. Le trauma n’est que la face visible de la partie immergée de l’iceberg. Supersero est une association de type loi 1901 ayant pour objectif de poser un regard moderne et progressiste sur la séropositivité. La super sérologie se veut une approche précise, basée sur l’expérience acquise autour du sujet et vouée à remettre la parole, la transmission et le savoir au cœur de la réflexion ». Concrètement, le site propose des témoignages inédits en vidéo et à visage découvert de personnes vivant avec le VIH et invite d’autres personnes à se manifester pour le faire. Nicolas explique les raisons qui l’ont poussé à se lancer dans ce projet : « Les premières années de vie avec le VIH ont été compliquées. J’ai changé plusieurs fois d’infectiologue. Le premier, par exemple, m’avait dit : « Surtout n’en parlez à personne ! » Malgré cela, J’ai toujours parlé ouvertement de ma séropositivité, mais à Nice, le milieu est fermé à ce sujet. J’ai subi des réactions très violentes, des insultes et même des menaces. J’ai tenté de me rapprocher du milieu associatif local pour monter un projet autour de la visibilité des personnes vivant avec le VIH, mais j’ai été confronté à une certaine incompréhension voire parfois une hostilité. C’est après avoir rencontré Florence Thune [directrice générale de Sidaction, ndlr], que j’ai trouvé, grâce à nos échanges, la force de me lancer ». À travers son association et son site web, Nicolas a pour ambition de donner plus de visibilité aux personnes vivant avec le VIH. Quatre témoignages sont déjà en ligne et d’autres sont en cours de réalisation : « Tout est allé très vite. Heureusement, mon conjoint,  mes amis et ma famille m’aident dans l’écriture des statuts, le site web, les réseaux sociaux et j’avais suffisamment d’économie pour pouvoir investir dans du matériel informatique/photo/vidéo ». Sur tous les fronts, Nicolas travaille aussi sur une BD sur le thème du VIH et il espère organiser à Nice, dès que la situation sanitaire le permettra, « une journée de réflexion pour accompagner le lancement de Supersero » avec des projections de films, représentations, performances artistiques, groupes de réflexion et conférences.