Tabac : mieux personnaliser l’arrêt

8 Août 2023
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Seules 7,4 % des personnes ayant essayé d’arrêter de fumer restent abstinentes pendant plus d’un an. Afin d’améliorer l’efficacité des interventions de sevrage tabagique, ComPaRe, la communauté de patients-es pour la recherche de l’AP-HP, a interrogé 793 personnes suivies et 795 médecins pour identifier les marqueurs les plus importants à prendre en compte pour personnaliser les interventions de sevrage tabagique. Cette étude, coordonnée par le Dr Alexandre Malmartel d’Université Paris Cité, a fait l’objet d’une publication dans la revue Journal of Clinical Epidemiology (juin 2023), indique un communiqué de l’AP-HP. L’arrêt du tabac est un enjeu majeur de santé publique. Le tabac cause 75 000 décès par an. Si plus de deux tiers des fumeurs-es sont intéressés-es par l’idée d’arrêter de fumer, seuls 7,4 % de ceux-celles qui ont tenté un sevrage tabagique sont restés-es abstinents-es pendant plus d’un an. Pour augmenter l’efficacité des interventions de sevrage tabagique, l’équipe de recherche a cherché à identifier la meilleure manière pour les personnaliser et les critères devant être pris en compte lors de cette personnalisation. Pour cela, les chercheurs-ses ont tout identifié 36 marqueurs pouvant influencer l’efficacité d’une intervention de sevrage tabagique dans la littérature scientifique. Ces marqueurs étaient, par exemple, la situation psychosociale du-de la patient-e, ses habitudes de consommation tabagique, ou ses ressources financières. Les chercheurs-ses ont ensuite interrogé 793 personnes de la cohorte ComPaRe et 795 médecins pour prioriser les marqueurs à prendre en compte lors de la mise en place d’une intervention de sevrage tabagique. Pour les médecins, les trois marqueurs les plus importants étaient : la motivation des patients-es, leurs préférences et leurs craintes (par exemple, la peur de prendre du poids). Pour les personnes suivies, les trois marqueurs importants étaient la motivation à arrêter de fumer, les habitudes de consommation (à la maison / au travail) et le niveau de dépendance. Ces résultats vont permettre de construire des interventions personnalisées de sevrage tabagique tenant compte à la fois des priorités des personnes et de leurs médecins. En effet, ces interventions sont souvent conçues par des soignants-es, sans tenir compte de la perspective des patients-es, explique le communiqué de l’AP-HP.