Théâtre : Qui a tué mon père

9 Mars 2019
1 753 lectures
Notez l'article : 
0
 

Le dernier récit/roman d’Édouard Louis, Qui a tué mon père, est monté au théâtre Stanislas Nordey qui assure la mise en scène et le jeu. « Pour les dominants, le plus souvent, la politique est une question esthétique : une manière de se penser, une manière de voir le monde, de construire sa personne. Pour nous, c’était vivre ou mourir », écrit Édouard Louis dans Qui a tué mon père (Éditions du Seuil). Dans la lignée de Marguerite Duras, Simone de Beauvoir, Annie Ernaux ou Didier Eribon, l’écriture d’Édouard Louis se déploie à partir de son existence. Après avoir marqué nombre de ses lecteurs-trices avec ses deux premiers romans aux allures biographiques En finir avec Eddy Bellegueule en 2014 et Histoire de la violence en 2016, il répond à l’invitation du metteur en scène et interprète Stanislas Nordey un texte à dire, à lire, une œuvre pour le théâtre. Ce nouveau récit se présente sous la forme d’un monologue, explique le théâtre de la Colline qui accueille le spectacle. Un homme se rend dans l’appartement de son père et découvre, sur une chaise, un corps abîmé, celui d’une certaine classe ouvrière d’une région défavorisée de la France d’aujourd’hui. Il prend la parole et se remémore des épisodes de son enfance dans la tentative d’expliquer comment le corps de son père en est arrivé, encore jeune, à un tel délabrement. Dans une volte-face littéraire, le politique rejoint l’intime et raconte le corps des hommes.
Qui a tué mon père, d’Édouard Louis. Mise en scène et jeu Stanislas Nordey. Du 12 mars au 3 avril 2019 au Grand Théâtre, Théâtre de la Colline, du mercredi au samedi à 20h30, le mardi à 19h30 et le dimanche à 15h30.