Thérapies de conversion : ça bouge !

25 Septembre 2021
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En juin dernier à l’occasion de la Marche des Fiertés, l’Inter LGBT dénonçait l’inaction du gouvernement concernant la lutte contre les thérapies de conversion : « Les témoignages de victimes se multiplient et démontrent l'existence des thérapies  de conversion en France, depuis trop longtemps ignorées. Reconnues comme de la torture, elles détruisent psychologiquement, socialement et même physiquement toutes les personnes LGBTQI+ qui en sont la cible ! La réponse : une circulaire ! », déplorait le collectif ; dénonçant le fait que le gouvernement avait choisi de publier une circulaire plutôt que de s’engager sur une loi.
Il semble que cet appel soit enfin entendu en cette rentrée politique avec deux mesures annoncées. La ministre chargée de la Citoyenneté, Marlène Schiappa, a annoncé lundi 13 septembre confier à la Miviludes (1) une mission « sur la pratique indigne » des « thérapies de conversion », qui visent à imposer l’hétérosexualité aux personnes LGBTI+. La mission « vise à expliciter, exemplifier et quantifier le phénomène, en analysant en particulier sa dimension de dérive sectaire », selon un communiqué. Elle devra, d’ici à un mois, formuler des « propositions opérationnelles pour parfaire les moyens de lutte mis en place contre ces pratiques ». Le lendemain de cette annonce, mardi 14 septembre, on apprenait de source parlementaire qu’une proposition de loi LREM interdisant les thérapies de conversion sera débattue début octobre par les députés-es. Cette proposition de loi sera pilotée par la députée LREM Laurence Vanceunebrock. « C’est une première étape pour permettre son aboutissement, mais c’est aussi l’occasion de poursuivre le travail de sensibilisation sur le sujet », a souligné le patron du groupe LREM à l’Assemblée, Christophe Castaner, dans une déclaration transmise à l’AFP. « Je ne veux pas qu’on puisse penser que les thérapies de conversion sont aujourd’hui autorisées. Elles sont interdites. Mais comme elles peuvent prendre des formes multiples parfois difficiles à appréhender, la création d’un nouveau délit permettra de les condamner de manière plus efficace », a-t-il ajouté. La proposition de loi prévoit la création d’un délit spécifique punissable de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende, voire trois ans d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende lorsqu’il s’agit d’un-e mineur-e. « Il était temps ! », a déclaré à l’AFP Lucile Jomat, présidente de l’association SOS Homophobie. Si elle est « satisfaite », Lucile Jomat craint toutefois « que la loi ne puisse pas passer avant la fin du quinquennat ». « Soit le temps des débats sera très court, soit elle ne passera pas et on ne sait pas ce qu’il se passera après l’élection présidentielle... ». De son côté, Timothée de Rauglaudre, coauteur du livre Dieu est amour et du documentaire « Homothérapies, conversion forcée » a également réagi sur son compte twitter : « Excellente nouvelle, et... inattendue ! Après tant de temps perdu et de mépris gouvernemental, la vraie discussion va pouvoir commencer : comment interdire au mieux ces abus psychologiques et spirituels que sont les « thérapies de conversion » ? ».

(1) : La Miviludes est un organe de lutte contre les dérives sectaires rattaché au ministère de l’Intérieur.