Tiers payant : le gouvernement sème le trouble

15 Juin 2017
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L’interview récente du Premier ministre, Edouard Philippe, au "Parisien/Aujourd'hui en France" indique que le nouveau gouvernement n’est pas décidé à mener à bien la réforme du tiers payant avec le calendrier du précédent gouvernement, ni avec les mêmes exigences. "Au moment du vote de cette réforme, j’étais dubitatif", fait valoir Edouard Philippe, qui était alors député LR. "A titre personnel, je n'ai jamais été un grand fan de cette mesure qui va dans le sens d’une forme de dématérialisation de ce que représente le coût de la santé. [...] On rend moins concret ce que représente le coût d'un système de santé pour tout le monde", indique-t-il. "Je ne suis pas sûr que ce soit une priorité", a-t-il par ailleurs déclaré lors de cette interview/rencontre avec des lectrices et lecteurs du "Parisien". Le gouvernement entend donc procéder à une évaluation du dispositif. Dans son programme présidentiel, Emmanuel Macron avait annoncé son intention de rendre ce dispositif d'avance de frais "généralisable", c'est-à-dire facultatif, et non "généralisé" comme l’avait prévu Marisol Touraine. La dernière loi santé prévoit que le tiers payant deviendra un droit pour l'ensemble des patient-e-s à compter du 30 novembre pour la seule part remboursée par l'Assurance maladie obligatoire. Le 9 juin, le "Quotidien du Médecin" indiquait qu’il semble aujourd’hui entendu que la généralisation de la dispense d'avance de frais ne devrait plus avoir de caractère obligatoire au 30 novembre prochain comme le prévoyait la loi de santé de Marisol Touraine. Dans un communiqué, France assos santé (anciennement Le Ciss) affirme que la priorité n'est pas de "défaire mais s’assurer de bien faire". Et le collectif d'usagers de la santé de développer : "Il est essentiel que l’approche de l’équipe qui va gouverner la France dans les prochaines années puisse avoir une lecture objective des priorités pour notre pays. En matière de santé, se donner des moyens simples et pratiques pour faciliter l’accès aux soins pour tous en fait incontestablement partie. C’est sous cet angle que la généralisation du tiers-payant doit être envisagée. L’énergie de nos dirigeants ne doit pas être dépensée à défaire ce qui a été voté et mis en place, mais de s’assurer que la montée en puissance soit faite dans les conditions - tout à fait réalistes et réalisables - permettant que cette mesure technique soit gagnante-gagnante pour l’ensemble des parties prenantes : les patients bien sûr, mais tout autant les médecins et les organismes d’assurance maladie".