Trans : données sur la mortalité

19 Septembre 2021
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Quels sont les causes et les risques de mortalité des personnes transgenres ? C’est ce qu’ont voulu comprendre des chercheurs-ses néerlandais-es en réalisant une étude de cohorte nationale rétrospective menée aux Pays-Bas, dont les données ont été publiées récemment dans le Lancet Diabetes and Endocrinology. On connaît assez mal la santé des personnes trans. Pour autant, de précédentes études avaient déjà mis en évidence une moins bonne santé des personnes trans comparé à la population générale et un moins bon accès aux soins. En France, Santé publique France avait récemment rapporté qu'un quart des personnes trans avaient déjà renoncé à consulter un médecin, rapporte le Quotidien du Médecintrans, mortalité (3 septembre) qui a consacré un article à ces travaux. La particularité de cette étude est d’avoir des données (notamment de mortalité) sur une très longue période (entre 1972 et 2018). Au total, 4 568 personnes trans− 2 927 femmes et 1 641 hommes − ayant reçu un traitement hormonal ont été incluses dans l'étude. L’âge moyen à l'initiation du traitement hormonal était de 30 ans chez les femmes trans et de 23 ans chez les hommes trans, avec un suivi moyen, respectivement, de onze et cinq ans. Au cours des décennies étudiées, aucune amélioration n’a été observée en termes de mortalité. Autrement dit, elle n’a pas réduit avec des taux de décès de 10,8 % pour les femmes trans et de 2,7 % pour les hommes trans. Chez les femmes trans, le risque de mortalité est ainsi 1,8 plus élevé que chez les hommes de la population générale et 2,8 plus élevé que chez les femmes de la population générale. Chez les hommes trans, ce risque est 1,8 fois plus élevé que chez les femmes de la population générale. En revanche, il n'était pas significativement supérieur au risque des hommes de la population générale, souligne le journal médical. Chez les femmes trans, l'augmentation de la mortalité est principalement liée à un risque accru de décès attribuable à des maladies cardiovasculaires, à une infection VIH, au cancer du poumon et au suicide. Et chez les hommes trans, l'augmentation du risque était liée à un risque accru de décès de cause autre que l'âge ou une maladie (suicide, homicide, accident...). Pour le Pr Martin den Heijer, endocrinologue et principal auteur de l'étude : « Une meilleure acceptation sociale, la surveillance et le traitement des maladies cardiovasculaires, du tabagisme et du VIH continueront d’être des facteurs importants pouvant contribuer à réduire le risque de mortalité chez les personnes transgenres ». Par ailleurs, les chercheurs-ses expliquent que si « la plupart des causes de décès observées ne sont pas liées à un traitement hormonal affirmant le genre », il convient néanmoins de rester prudent. « Ces traitements sont considérés comme sûr. Toutefois, comme il n’y a pas suffisamment de données probantes pour déterminer leur innocuité à long terme, il est nécessaire d’effectuer d’autres recherches pour déterminer si ces substances ont une incidence quelconque sur le risque de mortalité chez les personnes transgenres », conclut Martin den Heijer.