Transphobie d’Etat : AIDES interpelle Macron

26 Mai 2017
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Humiliées par l’administration, stigmatisées dans le milieu médical, niées dans leurs droits et leur identité, en France, le quotidien des personnes trans ressemble plus à un parcours de combattant-e qu’à une Marche heureuse vers l’égalité et l’autodétermination, rappelle AIDES dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie. "Nourries par un contexte législatif défavorable, des pratiques discriminatoires perdurent et nuisent à la qualité de vie et à la santé des personnes", note l’association qui a appelé le nouveau président Emmanuel Macron à "tourner la page de la transphobie institutionnelle". "Les rares données disponibles sur la santé des personnes trans mettent en évidence une prévalence au VIH très élevée : jusqu’à 7 % parmi les femmes trans selon une enquête Inserm de 2010, soit une prévalence 150 fois plus élevée qu’en population générale. Cette extrême vulnérabilité est en grande partie due à la façon dont l’Etat et les institutions traitent les personnes trans. Améliorer leur santé et leur reconnaissance sociale, c’est d’abord mettre fin à la pathologisation et la psychiatrisation des transidentités", explique AIDES. "La transidendité n’est ni une anomalie, ni une maladie à soigner", rappelle Aurélien Beaucamp, président de AIDES. "L’Etat continue pourtant de considérer a priori les personnes trans comme psychologiquement instables. La procédure qui leur est imposée pour changer leur état civil est aussi rétrograde qu’humiliante". Malgré la loi "Justice 21" de novembre 2016 censée la simplifier, le changement d’état civil reste une procédure complexe, longue et coûteuse. Soumis au bon vouloir des juges, il est conditionné à des expertises médicales et psychiatriques pour "évaluer la sincérité"de la demande. Une procédure intrusive, humiliante, qui entretient une forme de suspicion institutionnelle à l’endroit des personnes trans", pointe l’association. "La France reste à l’arrière-garde, loin derrière l’Argentine, le Danemark ou l’Irlande qui ont adopté des mesures bien plus progressistes en la matière", regrette Aurélien Beaucamp. "Le bien-être et l’amélioration du quotidien des personnes trans passe aussi par une réelle prise en compte de la diversité des parcours trans par les soignants-tes, et par un meilleur accueil dans les administrations. Les institutions doivent en finir avec cette approche normative, pathologisante et excluante des transidentités". AIDES appelle, à l’occasion du 17 mai,  le "nouveau président de la République à tout mettre en œuvre pour améliorer la santé et la reconnaissance sociale des personnes trans. Nous demandons sans tarder : le changement d’état civil libre et gratuit des personnes trans, sur simple déclaration auprès d’un-e officier de l’état civil, et l’amélioration de l’accueil des personnes trans dans les administrations ; la simplification et la dépsychiatrisation de la prise en charge médicale et la couverture à 100 % du parcours de transition ; le développement d’une prise en charge médicale adaptée partout sur le territoire.