Transphobie : un témoignage courageux

26 Septembre 2021
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« Je m’appelle Nina. J’ai 24 ans. Je suis artiste performeuse et activiste queer. Je suis une femme transgenre, séropositive, pansexuelle et je suis fière de l’être ! » C’est avec ces mots puissants et empreints de fierté que se présente Nina Fafchamps dans un témoignage vidéo publié mardi 14 septembre sur la page Instagram du média belge Vews - RTBF. Dans la vidéo de huit minutes, Nina raconte son expérience de la transphobie et le cyber harcèlement qu’elle a subi suite à une vidéo filmée à son insu et publiée sur les réseaux sociaux : « Je ne savais pas qu’on me filmait et que mon image allait être utilisée pour se moquer de moi (…). J’ai pleuré, je me suis sentie abusée de ma personne », confie la jeune femme. Elle déplore aussi l’amalgame récurent entre identité de genre et orientation sexuelle : « Une transidentité n’est pas une sexualité ; dans transidentité, il y a le mot identité ». Nina raconte la violence de la transphobie de rue : « Des mecs passent en bagnole, me voient et me crachent dessus (…), un jour, huit mecs m’ont suivi en me disant : « On va te saigner sale trans ! La vie d’une personne trans, c’est ça ! Notre réalité au quotidien, on ne se sent pas en sécurité dans l’espace public ». Combative, la jeune activiste souhaite que la société déconstruise les représentations autour de la transidentité. « On vit quand même de belles choses. Notre combat est de faire en sorte que ça change. Je vais faire des interventions dans les écoles avec un projet qui s’appelle Unique en son genre », explique la jeune femme.  Nina Fafchamps insiste également sur l’importance de la visibilité des personnes trans : « Ma transition, je l’ai conscientisée grâce la visibilité des femmes trans sur Instagram en France qui m’ont beaucoup aidée (…). La clé, ce sont les représentations positives justes et vraies  ». Et la jeune femme de conclure : « Ça va aller, on n’est pas seuls-es (…). Je m’aime et je me dis que ça n’est plus à moi d’avoir honte. La honte doit changer de camp (…). C’est aux personnes transphobes d’avoir honte d’être transphobes ». De son histoire personnelle, la jeune artiste a élaboré la pièce de théâtre Hurler à la mer en tant que récit autobiographique. En avril 2018, elle commence à mettre son histoire sur papier, d’abord par envie d’extérioriser, puis naît l’idée d’un spectacle. Elle est également la fondatrice et trésorière du Collectif Les Bastards, qui a vu le jour en 2020. Les premières dates de la pièce Hurler à la mer auront lieu les 15, 16 et 17 octobre au Musée de La Boverie à Liège (Belgique). D'autres dates seront annoncées prochainement. Une artiste et activiste à suivre…