Transplantation hépatique et VIH : c’est possible !

19 Août 2008
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Et oui la transplantation hépatique est réalisable chez les personnes infectées par le VIH, moyennant de stricts critères de sélection, une discipline conjointe des malades et des médecins, et une prise en charge multidisciplinaire : telle est la conclusion d’une étude publiée dans la revue Médecine et maladies infectieuses réalisée auprès de 84 personnes transplantées entre 1999 et 2008 à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif.
Comme le soulignent les auteurs, la transplantation hépatique devient donc “une option thérapeutique envisageable” même avec le VIH, voire “la seule dans certains cas”. Une bonne nouvelle, alors que les personnes infectées par le VIH restaient généralement exclues des listes d’attente pour une transplantation.
Dans cette étude, seules les personnes ayant une charge virale inférieure à 50 copies par ml et un taux de CD4 supérieur à 100, sans antécédent d’infection opportuniste et avec un traitement antirétroviral efficace pouvaient prétendre à la transplantation. L’âge moyen était de 44 ans, avec différentes indications pour la transplantation : hémochromatose (1), hépatites fulminantes (2), hyperplasies nodulaires régénératives (3), cirrhoses virales B (13) ou C (65).
Après intervention, le taux de survie était de 73% à 5 ans. Deux infections opportunistes liées au VIH (candidoses œsophagiennes) ont été diagnostiquées. 31,3% des transplantés ont été victimes d’insuffisance rénale, 8,3% de diabète, et 3,5% d’infarctus du myocarde, tandis que la reprise de l’infection par le virus de l’hépatite C a imposé un traitement anti-VHC chez 23 des 65 patients coïnfectés (35%).
Si la maladie VIH ne semble pas évoluer défavorablement suite à la transplantation, la coïnfection VIH-VHC semble pour sa part aggraver le pronostic des personnes transplantées.