Travail : discriminations en raison du physique

10 Novembre 2019
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Selon le baromètre réalisé en 2016 par le Défenseur des droits et l’Organisation internationale du travail (OIT), l’apparence physique est le deuxième critère de discrimination cité par les demandeurs-ses d’emploi dans leur accès à l’emploi (29 % pour les femmes et 20 % pour les hommes). Pourtant, le sujet semble peu porté et le contentieux est très faible, constate le Défenseur des droits, « tant parce que les victimes de discrimination ont du mal à apporter des éléments probants », que « parce que dans leur esprit comme dans celui des recruteurs la prise en compte de l’apparence physique reste trop souvent tolérée, sans prise de conscience de son caractère potentiellement discriminatoire pourtant prévu dans la loi ».  Saisi à plusieurs reprises de réclamations au sujet d’exigences posées par les employeurs-ses relatives à l’apparence physique (tenues vestimentaires, coiffures, port de la barbe, taille, poids, marquage du corps, etc.), que ce soit lors de l’embauche ou au cours de la vie professionnelle, le Défenseur des droits constate ainsi des difficultés récurrentes, tant pour les employeurs-euses que pour les salariés-es, à comprendre leurs droits et obligations, en particulier dans un contexte où certains codes sociaux liés à l’apparence physique évoluent. Du coup, le 15 octobre dernier, le Défenseur des droits a publié une décision-cadre relative aux discriminations dans l’emploi fondées sur l’apparence physique qu’il a adressée aux ministres concernés, aux acteurs institutionnels et de l’emploi ainsi qu’aux syndicats. Elle est accompagnée de cinq annexes abordant spécifiquement les questions de l’obésité, des tenues vestimentaires, des coiffures, des barbes, des tatouages et piercings. Ce document est mis à la disposition des employeurs-euses et représentants-es des salariés-es et des agents-es publics.