Travail du sexe : 249 clients verbalisés depuis avril 2016

4 Octobre 2016
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Quelque 249 clients ont été verbalisés sur l'ensemble du territoire national depuis l'entrée en vigueur en avril dernier de la loi sur la prostitution. Une des mesures-phare de ce texte était la pénalisation du client. Les contrevenants sont passibles d'une amende de 1 500 euros, pouvant monter à 3 750 euros en cas de récidive. "Ça paraissait pas mal au début. Mais au final, ça ne fait pas beaucoup de monde", observe Yves Charpenel, président de la fondation Scelles, une structure qui a défendu cette mesure et plus largement cette loi d’abolition de la prostitution. Interrogé par l’AFP, Yves Charpenel explique que cela est dû au contexte actuel sécuritaire qui mobilise beaucoup de fonctionnaires de police à d’autres tâches. Les 249 verbalisations, très inégalement réparties sur le territoire national, montrent toutefois que "certains procureurs sont bien sensibles à la nouvelle loi, même s'ils ne disposent pas de l'ensemble des éléments qui y ont trait pour la rendre cohérente", indique Yves Charpenel. Par ailleurs, les décrets relatifs à la sortie de la prostitution pour les travailleur-euse-s du sexe qui le souhaitent et aux stages de citoyenneté pour les clients pris sur le fait ne sont pas encore sortis, selon le ministère du Droit des femmes. "249 verbalisations, même si ça paraît peu, ça veut dire un changement dans l'industrie. Il suffit d'une voiture de police qui circule pour que les clients ne viennent plus", note de son côté Thierry Schaffauser, porte-parole du Strass, le Syndicat du travail sexuel, cité par l’AFP. "L'impact psychologique est fort, notamment pour les plus précaires", remarque-t-il. "Les femmes qui ne parlent pas français, qui ne peuvent travailler sur Internet, doivent ainsi prendre plus de risques" dans la rue, ce qui engendre davantage de "violences" à leur encontre, dénonce-t-il.