Travail du sexe : la Chine abuse des droits

21 Mai 2013
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Les travailleurs et travailleuses du sexe en Chine sont victimes d'abus systématiques de la part des autorités, selon un rapport de Human Rights Watch (HRW) rendu public (14 mai) et qui fait état de "tortures" en détention, de viols et d'internement en camps de rééducation. "Les travailleurs du sexe sont traités comme s'ils n'avaient pas de droits", a dénoncé Sophie Richardson, la responsable de HRW pour la Chine au cours d'une conférence de presse à Hong Kong, citée par l’AFP. "Plutôt que d'être protégés par la police, les travailleurs du sexe font régulièrement l'objet de sévices, de mauvais traitements et de torture en détention", a-t-elle ajouté. Certains sont envoyés sans procès "en rééducation par le travail" pendant une période pouvant aller jusqu'à deux ans. Certaines violences mentionnées dans le rapport "constituent des faits de torture en vertu de la loi" chinoise. Les travailleurs et travailleuses du sexe sont également soumis à des tests obligatoires de dépistage du VIH par les autorités sanitaires et leurs dossiers confidentiels sont fréquemment transmis à des tiers, affirme le rapport. Selon Sophie Richardson, la Chine a connu "un extraordinaire essor de la prostitution" depuis le début des réformes économiques à la fin des années 1970 et le pays compterait aujourd'hui entre 4 et 6 millions de prostitué-e-s, souvent issu-e-s de familles pauvres. De nombreux prostitués âgés de plus de 40 ans se sont lancés dans cette activité après avoir été licenciés par des entreprises publiques à la fin des années 1990, toujours selon HRW. L'organisation non gouvernementale américaine a mené cette enquête entre 2008 et 2012, principalement à Pékin, en auditionnant 75 travailleurs et travailleuses du sexe.