Travail du sexe : le préfet de police s’explique

6 Juillet 2012
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Le nombre de prostituées exerçant au Bois de Boulogne a "significativement augmenté, puisqu'on estime qu'il a doublé" en 2011, s'étendant jusqu'aux zones d'habitation et de loisirs, a indiqué le préfet de police (21 juin). Le nouveau préfet Bernard Boucault entendait ainsi répondre au Conseil de Paris qui récemment émis le voeu que le préfet de police  "donne des consignes strictes" pour que l'arrêté qui réglemente le stationnement dans les bois de Boulogne et de Vincennes ne soit pas utilisé pour harceler les prostituées. Depuis plusieurs semaines, les travailleuses du sexe et notamment le STRASS (syndicat du travail sexuel) réclament la fin de cette réglementation qui conduit à de très nombreuses interpellations, des mises en fourrière des véhicules, etc. Comme l’indique l’AFP, l'exécutif parisien souhaite également "qu'une réflexion soit engagée avec l'ensemble des acteurs concernés pour permettre une meilleure cohabitation des usages". Rappelant la législation en cours, qui ne punit pas la prostitution, mais "l'exhibition sexuelle", le racolage "actif ou passif" ainsi que le proxénétisme, Bernard Boucault défend l'action de ses services dans le Bois de Boulogne, dans une réponse transmise jeudi à l'AFP. "La présence des prostituées s'est étendue à proximité de zones d'habitation et de centres de loisirs et de sport très fréquentés par les Parisiens et les habitants de l'ouest parisien, de tous âges, et notamment des enfants", indique le préfet. "Or, si une partie des prostituées pratiquent leur activité de nuit, un nombre significatif exerce également en journée. Tout au long de l'année 2011, les doléances et récriminations des usagers du Bois sont allées croissantes", souligne-t-il. Il défend aussi l'arrêté sur la circulation et le stationnement dans le bois pris le 1er mars afin de "préserver (sa) qualité environnementale. Pour toutes ces raisons, les contrôles ont augmenté au premier semestre", explique le préfet. Début juin, quelque 200 "travailleurs et travailleuses du sexe" ont manifesté à Paris pour dénoncer "la répression policière". Ils se sont dit la cible d'un acharnement accru de la part de la police, évoquant des arrestations quotidiennes pour racolage. Une rencontre avec des représentantes des prostituées a été organisée par le commissaire du XVIème arrondissement "en fin de semaine dernière" afin "d'instaurer un dialogue", a assuré le préfet de police, qui rappelle que "la lutte contre les réseaux reste la priorité".