Trois ans de prison pour transmission du VIH

30 Mai 2014
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Une infirmière ougandaise a été condamnée à 3 ans de prison pour une négligence susceptible d’avoir transmis le VIH à un enfant. Selon le tribunal, l'infirmière pédiatre âgée de 64 ans, vivant avec le VIH, est coupable d’avoir appliqué à un enfant une aiguille intraveineuse avec laquelle elle s’était accidentellement piquée au doigt. Selon la BBC Afrique, les acteurs de la lutte anti-VIH ont dénoncé la décision de ce tribunal, en faisant valoir que l’enfant, un garçon, n’a pas été contaminé. Selon eux, la colère d’une partie des Ougandais envers l'infirmière (elle a été présentée à la Une des médias comme une infirmière tueuse) est la preuve de la stigmatisation des personnes vivant avec le VIH dans le pays. Le père du garçon a salué le verdict. Il estime que l’affaire devrait pousser le président ougandais Yoweri Museveni à promulguer le projet de loi criminalisant la transmission du VIH. Cette loi déjà votée par le Parlement condamne à 10 ans de prison toute personne coupable d’avoir volontairement transmis à un tiers le virus du Sida. La peine peut être assortie d’une amende de 1 900 dollars. Le procès de cette infirmière a duré cinq mois (!) rapporte la BBC. L’infirmière qui a 30 ans d’expérience a toujours plaidé non coupable. Le garçon n’est pas séropositif. L’avocat de l’infirmière a promis de réagir à la décision du tribunal et pourrait faire appel. L'épidémie de sida connaît un regain en Ouganda. De 18 % en 1992, le taux de prévalence avait chuté à 6,4 % en 2005 avant de repartir à la hausse pour s'établir à 7,3 % en 2011, selon les chiffres officiels.