TTF : où en est la promesse européenne ?

24 Avril 2016
738 lectures
Notez l'article : 
0
 

Jeudi 7 avril, les ministres français et allemands se retrouvaient à Metz, à l’occasion d’un conseil exceptionnel et d’une rencontre au somment entre la chancelière Angela Merkel et le président François Hollande. A cette occasion, plus de soixante-dix organisations non-gouvernementales ont souhaité mettre la question de la taxe sur les transactions financières (TTF) sur la table. Dans un communiqué, les associations de promotion de la santé et de développement réclament de l’ambition et du volontarisme de la part des deux puissances pour peser sur la création d’une TTF auprès de leurs partenaires européens. "Les associations appellent donc le président de la République François Hollande et la chancelière Angela Merkel à réaffirmer leur leadership en publiant une feuille de route permettant de respecter ce calendrier, une assiette et des revenus ambitieux pour la TTF, tout en garantissant publiquement que cette taxe sera affectée au développement, au changement climatique et à la santé mondiale comme la lutte contre le sida et les grandes pandémies". Lors de ce Conseil, malgré l’interpellation des activistes, qui craignent de voir ce dispositif innovant être enterré, aucune déclaration liée à la mise en place prochaine de la taxe sur les transactions financières n’a été faite par les ministres français ou allemand. "Coalition PLUS a pris note des ambitions françaises et européennes concernant la taxe européenne sur les transactions financières (TTF). Nous demandons à ce que d’ici l’été, l’accord soit effectivement conclu et que les recettes qui en seront issues soient affectées au développement, au changement climatique et à lutte contre les grandes pandémies comme le sida", a déclaré Khalil Elouardighi, directeur des campagnes à Coalition PLUS. En décembre 2015, les dix ministres des Finances européens s’étaient engagés à aboutir à un accord final en juin 2016, c'est-à-dire dans moins de deux mois. Depuis, le flou règne entre l’absence de déclaration du côté allemand et l’ambiguïté des propos de Michel Sapin, ministre des Finances, qui parle des "nombreux défis" à relever dans l’élaboration de cette taxe. Des atermoiements qui pourraient mettre en difficulté la signature d’un accord sur la mise en place d’une TTF européenne et ambitieuse pendant les mandats des deux chefs d’Etat. Et donc de reporter au loin ce projet très demandé par la société civile, devenu un véritable serpent de mer.