U = U : efficace sur le long terme

19 Mars 2021
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Le suivi à long terme des personnes vivant avec le VIH avec une charge virale indétectable a montré que sur une période de dix ans, la charge virale est restée indétectable, 97 % du temps, ce qui renforce la légitimité du Tasp (traitement comme prévention) et du message U = U (indétectable = intransmissible). C’est ce que révèle une étude italienne publiée dans la revue scientifique Aids et reprise sur le site d’infos Aidsmap. Une équipe de chercheurs-es menée par le Professeur Giorano Madeddu de l’Université de Sassari (Italie) a analysé les données sur la charge virale de 8 241 personnes vivant avec le VIH récoltées dans le cadre d’une autre étude en cours (Icona). Les critères de sélection étaient d’être sous antirétroviraux (ARV) et avec une charge virale indétectable de 200 copies/ml (le seuil d’indétectabilité en France est en dessous de 50 copies/ml). Les données ont été analysées sur une période de dix ans, de 2010 à 2019. Le suivi régulier de la charge virale (au minimum deux fois par an, pour la plupart) a montré qu’elle restait indétectable de façon constante 97 % de la durée des dix ans. L’intervalle de temps entre des tests de charge virale en dessous de 200 copies/ml était catégorisé en suppression virale tandis que la période entre deux tests de charge virale au-dessus de 200 copies/ml  était considérée comme un échappement viral. Parmi les 8 241 personnes dont les données ont été analysées, on trouve une grande majorité d’hommes (les quatre cinquièmes), 46 % d’hommes gays, 39 % de personnes hétérosexuelles, 9 % de personnes injectrices de drogues et 25 % de personnes nées à l’étranger. Au début de l’étude, la moyenne d’âge était de 39 ans et le taux moyen de CD4 était de 545/mm3. Le nombre de journées où la charge virale est redevenue détectable était plus important chez les femmes (5,3 %), les personnes nées à l’étranger (5,4 %), les personnes sans emploi ((5,4 %) et les personnes qui s’injectent des drogues  (4,7 %). Les chercheurs-es précisent que ces facteurs sont connus pour être associés avec une perte du contrôle viral dans d’autres études et que les personnes qui font partie de ces groupes gagneraient à avoir un accompagnement en éducation thérapeutique afin de maintenir leur charge virale à un niveau indétectable. « U = U est un message essentiel basé sur des preuves scientifiques. Il a déjà influencé l’opinion publique et améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH en réduisant les stigmates. Davantage d’efforts ont besoin d’être faits pour encourager les infectiologues à aborder ce message avec leurs patients-es lors des consultations de suivi. Nos données sont utiles pour identifier les sous-groupes qui auraient particulièrement besoin d’entendre ce message », concluent le Professeur Madeddu et son équipe.

Références : Madeddu G et al. Time spent with a viral load <200 copies/mL in a cohort of people with HIV seen for care in Italy during the U=U prevention campaign era. Aids, published online ahead of print, 29 January 2021. doi: 10.1097/QAD.0000000000002825