Un an de PrEP : enfin des chiffres !

14 Février 2017
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A défaut de savoir combien, il était difficile de savoir qui prenait la PrEP en France, une année après son autorisation. A défaut d’avoir des infos de la part de l’Agence nationale du médicament, c’est par le professeur Jean-Michel Molina, un des précurseurs de l'accès à la PrEP dans l'hexagone, que l’on a eu accès à ces données. D'après sa présentation à une conférence à Malte pour l'ECDC (le Centre européen de contrôle des maladies), près de 3 000 personnes ont utilisé au moins une fois la PrEP. Près de 98 % étaient des hommes et la quasi intégralité ont des rapports homosexuels (HSH). Les femmes et les personnes trans sont quasi-absentes, signe que la PrEP, pourtant recommandée au sein de ces populations dans certains cas, n'est pas encore appréhendée ou connue. Sur les personnes utilisatrices, 30 % avaient eu une IST dans les douze derniers mois, et 10 % eu recours à TPE (traitement post-exposition). Par ailleurs, 20 % se déclarent consommatrices de produits dans un contexte sexuel (chemsex). En termes de schéma de prise, c'est une majorité de PrEP à la demande qui est rapportée, similaire à celle de l'essai ANRS-Ipergay. La nouvelle rassurante, c'est le très faible nombre de contaminations au VIH sous PrEP : deux cas (dont on ignore les causes pour l'instant). Une preuve forte de l'efficacité de la PrEP et de son potentiel impact vers une baisse des infections à VIH dans les groupes les plus vulnérables. Pour l'instant, cela se limiterait aux HSH, vue la répartition actuelle des utilisateurs.