Un rapport plaide pour la consommation de drogue dans les Csapa et Caarud

22 Avril 2016
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Dans un rapport rendu public lundi 18 avril, la Fédération française d’addictologie (FFA) recommande que la consommation de drogues ne soit pas uniquement autorisée dans les "salles de consommation à moindre risque" (SCMR), prévues à cet effet par la loi Santé, mais également dans les centres d’accueil pour les personnes consommatrices. Il s’agit des centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa) et des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction de risques pour usagers de drogues (Caarud). Aujourd’hui, ces centres sont des lieux de conseil, de prévention et de soins. La prise de toute substance y est officiellement interdite. Dans un communiqué intitulé "Oser la réduction des risques", la Fédération Addiction salue le travail fait par la Fédération française d’addictologie et dont le résultat est publié dans le "Rapport d’orientation et recommandations de la commission d’audition publique sur la RdR". Cette dernière y préconise donc une RdR concernant les drogues "qui ne se limite pas à la lutte contre le VIH ou le VHC, mais participe d’un nouvel agencement gradualiste des réponses faisant le lien entre les différents acteurs, qu’ils soient ceux des dispositifs spécialisés, Csapa/Caarud, ceux des hôpitaux ou ceux des acteurs de la ville, pharmaciens et médecins généralistes notamment". Ce même rapport propose d’autres avancées. Ainsi la Fédération Addiction note que le rapport prend acte "que la RDR n’est pas une simple annexe d’un soin à orientation unique, mais une approche qui en diversifie les accès, les outils et les sorties, le rapport appelle à dépénaliser l’usage et à promouvoir un versant auto-support. Il réaffirme l’importance d’une action publique forte vis-à-vis des lobbies, au service des publics les plus vulnérables (…) Le rapport valide le changement de paradigme des soins dépassant le seul objectif d’abstinence pour proposer aussi l’usage modéré et l’extension de la RDR à l’ensemble des produits, donnant au passage un coup de pouce au vapotage et aux nouvelles approches de l’alcool (…) Il défend des parcours de soins plus proches des parcours de vie, et moins enfermés dans des strates et filières ou soumis à une organisation exclusivement sanitaire des réponses". Par ailleurs, la fédération française d’addictologie (FFA) recommande la mise à disposition des usagers et de leur entourage de la Naloxone, un antidote permettant de renverser les effets d’une overdose à un opioïde ou à l’héroïne. En France, celle-ci ne peut être administrée actuellement que par un médecin. Le rapport de la fédération contient quinze propositions pour la réduction des risques et des dommages liés aux conduites addictives qui ont été communiquées au ministère de la Santé.