Une autre politique de lutte contre les drogues est-elle possible en France ?

22 Janvier 2013
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Cela fait plus de quarante ans que la loi du 31 décembre 1970, qui pénalise la détention et l’usage de stupéfiants est entrée en vigueur. Cette loi a pour but de stopper le trafic et la consommation de produits illicites. Quarante ans et plusieurs dizaines de milliards investis plus tard, le trafic est toujours là, et le nombre de consommateurs n’a cessé d’augmenter. Aujourd’hui encore, cette loi stigmatise les personnes car elle considère l’usager comme un criminel. Une réforme de cette loi pourrait permettre l’ouverture de nouvelles options thérapeutiques comme le cannabis médicalisé et faciliterait l’accès aux SCMR (Salle de Consommation à Moindre Risque) et il serait possible de mener des recherches sur les interactions entre les différents produits et les traitements médicamenteux. Repenser cette loi participerait à changer le regard sur les usagers de drogues qui sont aujourd’hui fortement marginalisés. A l’heure où des rapports à l’échelle européenne et mondiale, reconnaissent l’échec de la politique mondiale de lutte contre les drogues, faut-il repenser cette loi ? Comment allier politique de santé publique et politique de lutte contre les drogues ? Faut-il encadrer la consommation en dépénalisant ? En légalisant ? On en discute ce soir à partir de 21 heures, en compagnie de Vichenzo, dans le salon thématique du chat.

Commentaires

Portrait de vichenzo

Avant toute chose nous tenons à préciser qu’il y a un forum d’ouvert, permettant de soumettre et proposer vos idées pour les Chat à thèmes du mardi soir.

La plupart des seronautes présent lors du Chat, sont pour la dépénalisation ou la légalisation de l’usage de cannabis. Certains émettent toutefois des réserves, car pour eux cela pourrait être perçu comme une incitation à la consommation « moi ça me donne l’impression que les gens qui hésitent et qui ne fument pas de drogues tout simplement par ce qu’il y a la pénalisation, seraient plus tentés de consommer », « je ne veux pas de la légalisation tout simplement par ce que j’ai des enfants et je souhaite qu’ils puissent éviter cela ». Pourtant, aucune augmentation  de la consommation, n’a été signalée dans les pays où l’usage de cannabis n’est pas pénalement répréhensible. De plus, la légalisation permet un contrôle de la qualité du produit, et ne met pas l’acheteur dans une situation d’illégalité et de danger lorsqu’il va acheter son produit. Cela permettra également l’ouverture vers de nouvelles options thérapeutiques qui soulageraient les malades, certains d’ailleurs l’utilise déjà « jusqu’à l’année dernière je n’avais jamais fumé de cannabis mais maintenant j’y vois une manière de se décontracter le soir avant le coucher, et depuis j’arrive à dormir », « je serai partisan comme en Suisse d’une prescription médicale », « j’aime prendre plaisir à fumer un bon splif, en m’accordant un moment de détente, après une journée de labeur », « j’ai un ami qui l’utilise depuis 30 ans, pour soigner sa sclérose en plaque ».

 

Il a été expliqué lors du Chat ce que sont les programmes d’héroïne médicalisée, qui rappelons le, ne sont pas autorisés en France. C’est une option de sevrage qui permet d’avoir accès à de l’héroïne médicale. L’héroïne médicalisée est plus pure que celle achetée dans la rue, car elle ne contient pas de produits de coupe (qui sont responsables d’une très grande partie des overdoses). Le programme vise à réduire progressivement les doses jusqu’à arriver à l’arrêt total du produit. Cela permet aussi de créer du lien social et d’avoir un suivi médical rapproché pour les personnes consommatrices de produits, puisqu’elles viennent chercher l’héroïne dans un établissement médico-social.

 

Quand on demande aux seronautes ce qu’ils pensent de la politique actuelle de lutte contre les drogues, en France, certains répondent que c’est  « faire plaisir au citoyen moyen en réprimant car c’est ce qu’il veut… Quand la société sera mûre pour changer, les politiques changeront d’avis…comme d’hab ». D’autres seronautes pensent qu' avec le débat sur les salles de consommation à moindres risques c’est peut être « le début d’un changement de conception et d’attitude par rapport aux drogues, à toutes les drogues, il faut faire en sorte que ceux qui veulent en prendre le fasse de façon plus sécurisée, tout en maintenant une prévention forte et accessible à tous moments. Les Hommes se sont toujours drogués comme ils se sont soignés par les plantes », mais tous les seronautes s’accordent pour dire qu’il faut plus de prévention, d’accompagnement, et un suivi médical pour ceux qui en ont besoin.

Et vous, pensez-vous qu’une autre politique de lutte contre les drogues soit possible en France ?

Peut-on changer le regard que porte la société sur les consommateurs de drogues, si l’on réforme la loi 70 ?

C’est à vous !!!