SCMR à Marseille : projet ajourné

22 Juin 2019
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Bis repetita. Alors qu’il semblait en très bonne voie, le projet d’ouverture d’une salle de consommation à moindre risque à Marseille se retrouve encore catapulté à plus tard. Lundi 17 juin, le maire (LR) Jean Claude Gaudin a exclu une ouverture prochaine : « pour l'instant », estimant que le projet n'était «  pas tout à fait prêt », ont rapporté nos confrères de France 3 Paca. Une salle de consommation à moindre risque (SCMR) est défendue par l'adjoint à la santé, le docteur Patrick Padovani, depuis bien longtemps. Alors que tout semblait en ordre de marche il y a peu, revoilà un coup de frein, alors que des élus-es semblent avoir rétropédalé à l’approche des municipales. En avril dernier, Patrick Padovani, avait indiqué que Marseille s'apprêtait à devenir la troisième ville de France dotée d’une salle de consommation à moindre risque, après Paris et Strasbourg. « Pour l'instant, la décision, c'est qu'on n'ouvre rien. C'est clair, net et précis », a déclaré Jean-Claude Gaudin durant le Conseil municipal, selon nos confrères de France 3 Paca. Le maire de Marseille ne ferme pas complètement la porte et estime qu'une telle salle ne pourrait voir le jour qu'à l'intérieur d'un hôpital, en l’occurrence l’hôpital de la Conception, avec des médecins en proue. Les riverains aussi s’étaient mobilisés. Thomas Maubon, médecin urologue et fervent opposant à la salle, argue même à la presse que les bénéfices de ce dispositif ne sont pas validés par la science, à rebours de nombreuses publications scientifiques qui montrent l’inverse et attestent de l’intérêt à long terme sur la santé des usagers-ères et la réduction des nuisances en ville (sécurités, matériel souillé dans les rues, etc.). Tout médecin qu’il est, Thomas Maubon oublie évidemment que ce dispositif qui concerne prioritairement des personnes usagères très désocialisées est souvent une première étape vers le soin, le dépistage, pouvant déboucher sur le passage à des traitements de substitution.