Urgences à Pompidou : une nomination critiquée

8 Mars 2012
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Ancien chef du service des urgences de l'hôpital Beaujon (région parisienne), Philippe Juvin devrait être prochainement nommé chef des urgences de l'hôpital européen Georges-Pompidou, un des plus importants services du genre à Paris. Cette nomination suscite des réactions de syndicats (la CGT par exemple) et de structures comme la Confédération des praticiens des hôpitaux ou le Mouvement de Défense de l'Hôpital Public (MDHP). Ce ne sont pas les compétences professionnelles de ce professeur de médecine qui sont contestées, mais son engagement politique et ses mandats électoraux. En effet, le professeur Philippe Juvin est député européen (UMP), maire de La Garenne-Colombes (une ville des Hauts-de-Seine de 28 000 habitants), secrétaire national de l'UMP pour les questions de santé et conseiller Santé du candidat Nicolas Sarkozy. "De telles ingérences politiques dans le processus de nomination des médecins sont inacceptables car elles violent l'indépendance médicale des praticiens, de plus en plus malmenée aujourd'hui", estime la Confédération des praticiens des hôpitaux (CPH), premier syndicat des médecins hospitaliers, citée par l’AFP. "L'urgence de cette nomination semble moins tenir aux besoins du service qu'au calendrier électoral", souligne de son côté le Mouvement de Défense de l'Hôpital Public (MDHP) dont sont membres des personnalités médicales exerçant principalement dans les établissements de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) et hostiles à la politique de santé (la loi HPST notamment, la réorganisation de l’AP-HP) conduite par la droite. C’est la directrice du groupe hospitalier auquel appartient l'HEGP, Elizabeth de Larochelambert, qui doit confirmer cette nomination. Les urgences de Georges-Pompidou voient défiler 51 000 personnes par an (chiffres 2010), soit 140 par jour en moyenne.