Usage d’alcool : de nouvelles recommandations pour les médecins

23 Mars 2015
739 lectures
Notez l'article : 
0
 

L’usage d’alcool a récemment fait l’objet de recommandations de la part de la Société française d’alcoologie (SFA) avec l'ANPAA (Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie) et l'European federation of addiction societies, destinées aux médecins généralistes. L’idée est de faire d’eux des "pivots du parcours de soins". C’est la première fois que de telles recommandations de bonnes pratique sont publiées vers les soignants de premier recours. Le document est intitulé : "Mésusage de l’alcool : dépistage, diagnostic et traitement". Comme l’indique le "Quotidien du médecin", ces recommandations viennent dans le contexte de "montée en puissance du paradigme de la réduction des risques et l’arrivée sur le marché de médicaments pour réduire la consommation d’alcool". Par exemple, le baclofène qui fait l’objet d’une RTU (recommandation temporaire d'utilisation hors autorisation de mise sur le marché). Par ailleurs des recherches ont été menées sur l'action du GHB, des benzodiazépines, de la naltrexone (un inhibiteur des opiacés, désormais utilisé dans le traitement de la dépendance à l’alcool), etc. L'objectif thérapeutique doit prendre en compte les préférences de la personne. Il semble que l'approche de réduction des risques (RDR) soit sérieusement considérée car les préférences de la personne et ses objectifs de consommation sont à prendre en compte par les médecins. Si les recommandations mettent en avant l'objectif général d'abstinence pour les personnes souffrant de dépendance, pour les personnes qui ne souhaitent pas s'engager vers l'abstinence, c'est un programme de réduction des dommages qui doit être proposé et mis en œuvre. Un chapitre du document est consacré à la place des associations de personnes souffrant de problèmes liés à l'alcool. Il semble qu'il en existe deux types : celles orientées vers le maintien de l'abstinence et celles qui militent pour l'utilisation du baclofène. Ces recommandations ne sont pas validées par la Haute autorité de santé, essentiellement en raison de la présence de fonds privés dans leur réalisation. Ces recommandations sont sérieuses et s’appuient sur la littérature scientifique, la dernière partie du document explique d’ailleurs la méthodologie utilisée pour l’élaboration du dit document. D’ailleurs, c’est celle utilisée par la HAS pour ses travaux.