Usage de drogues : la RDR à la peine

21 Février 2020
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Il y a maintenant quatre ans était adoptée une loi de santé. Elle comportait des avancées en matière de politique de réduction des risques (RDR). Aujourd’hui, plusieurs associations (1) font le constat que « l’intégration de ses recommandations concernant la réduction des risques et de ses outils dans la politique publique n’est toujours pas optimale au ministère de la santé ; et le conteste. Depuis plus de 20 ans, les associations proposent l’analyse de drogues comme outil de réduction des risques dans une démarche globale de promotion de la santé des consommateurs-rices de produits, expliquent les associations dans un communiqué publié fin janvier. « Cela complète la palette d’outils permettant de lutter efficacement contre les overdoses notamment. Le 26 janvier 2016, l’adoption de la loi n°2016-41 de modernisation de notre système de santé a permis une réelle reconnaissance de cet outil en inscrivant juridiquement l’analyse de drogues comme une mission de réduction des risques », indiquent les associations. Plus de 80 structures en France proposent désormais ce service qui permet d’informer les personnes usagères sur les contenus réels des produits, mais aussi et surtout sur leurs éventuels risques. Pourtant, quatre ans après l’entrée en vigueur de la loi, la Direction générale de la santé (DGS) n’a toujours pas donné aux Agences régionales de santé (ARS) les instructions attendues pour permettre le financement essentiel au déploiement de l’analyse de drogues ainsi que de l’accompagnement lié aux risques d’injection (Aerli), constatent les associations. De fait, de nombreux blocages persistent sur la mise en place d’outils majeurs de réduction des risques, pourtant prescrits par la loi. Quels sont les résultats de ces manques ? Les associatioons cosnattent une « forte disparité territoriale et un manque de moyen pour formaliser un réseau national d’analyse de drogues qui, pourrait être le garant d’un dispositif de qualité, en capacité de sensibiliser au mieux les consommateurs-trices sur la dangerosité des produits circulants». Autre point critiqué, une « forte disparité du déploiement de l’Aerli avec encore de nombreuses agences régionales de santé bloquantes ». Par ailleurs, il n’y a toujours « aucun programme d’échange de seringues en prison et une mise en place d’une politique de réduction des risques en milieu carcéral globalement insignifiante ». De ce point de vue, le dernier plan « santé-prisons » ne permet aucune avancée concrète. Enfin, la France compte un nombre de salle de consommation à moindre risque « dérisoire ». Il n’y en a que deux sur l’ensemble de la France (Paris et Strasbourg). « Nos associations alertent les autorités sanitaires sur la situation et espèrent que l’année 2020 sera celle de la concrétisation de la loi sur les mesures de RDR, quatre ans après son adoption, mais également celle de nouvelles réflexions notamment sur l’expérimentation d’espace de consommation que nous souhaitons aujourd’hui mettre en place », conclut le communiqué des associations.

(1) : Médecins du Monde, Groupe SOS, AIDES, Fédération Addiction, Sida Paroles, Keep Smiling, Spiritek, Apleat-Acep, Proses Pause Diabolo, Ceid-Addiction, Oppelia, La Case et CMSEA.